Rechercher 
 
theatre du rond point vents contraires
Revue en ligne du

Auteurs maison

Jean-Daniel Magnin
Pourquoi les agences de notation conservent sa note AAA+ à la France
Alors que Standard and Poor's dégrade la note de la dette américaine
ventscontraires.net s’est procuré la copie d’une circulaire du ministère de l’Agriculture adressée à la charcuterie Befalon & fils de Vire, à partir de laquelle on peut déduire que Bercy a lancé un vaste plan de mobilisation des éleveurs de porcs, particulièrement en Bretagne, pour augmenter de manière drastique la qualité et la quantité d’andouillettes produite ces douze derniers mois. Entre juillet 2010 et juillet 2011, la France est passée d’une production de 18 257 tonnes d’andouillettes dont la note moyenne est AAA à 43.943 tonnes d’andouillettes avec un pourcentage AAAAAA (la note maximale) en augmentation de 48%. Résultat dû au sens civique des éleveurs de porcs et charcutiers, heureux de quitter leur image d'empoisonneur au nitrate des nappes phréatiques. Leur enthousiasme  a explosé les projections les plus optimistes du ministère de l’Economie, qui tablait sur 29.000 tonnes d’andouillettes AAAA en douze mois. Cet excédent a permis à la France d’augmenter sa production de A, de AA, de AAA, de AAAA et de AAAAA dans des proportions sans précédent. Bercy a su ainsi maintenir sa position AAA+ chez les trois principales agences de notation, et mieux que ça, puisqu’elle va pouvoir exprimer sa solidarité envers la Grèce et les autres pays latins membres de l’UE en leur versant les milliards d’Euros votés récemment en nature – sous forme d’andouillettes. Pour d’autres raisons, essentiellement linguistiques, la Pologne qui souffre dans sa langue nationale d’un manque congénital de voyelles (problème signalé pour la première fois par Roland Topor), s’est montrée également intéressée.
À lire aussi...
 Auteurs maison 
Le 30/05/2012
 
 Auteurs maison 
Le 30/04/2016
 
 Auteurs maison 
Le 02/03/2015
Promenade gourmande
A ma droite s'élevait un tas de frites, à ma gauche, une grosse tomate, quand j'entrepris cette promenade gourmande dans mon assiette. Mathilde m'avait mis de mauvaise humeur, en me contrariant sur tout, la couleur des fraises et le goût du vent. J'avais besoin de marcher. J'escaladais le beefteack, contournais le beurre maître d'hôtel pour redescendre la pente opposée en direction d'une julienne de petits légumes. Un monticule de moutarde attira mon attention. Elle fumait, entre deux haricots vers à l'ail qui faisaient dans le paysage comme deux arbres abattus. Je montai jusqu'au rebord nord de l'assiette. Loin devant moi, de l'autre côté de la table, Mathilde boudait. Elle me jetta un regard mauvais. Las des ces jeux de couple usé, je décidai de rebrousser chemin en traversant le champ de petits pois. Laissant la tranche d'aubergine à ma gauche, je passai entre les oignons frits. L'air était doux. Je décidais de m'asseoir sur un cornichon. Puis, je m'allongeai dans le persil, la tête sur un tronçon d'échalotte. C'est là que je m'endormis. Pour me réveiller sur l'évier. La table avait été débarassée. La lumière avait été éteinte. Je trouvais un mot planté dans le beurre. Mathilde était partie. Je hais le dimanche. Je hais la tristesse de la vie.
 
Toutes les rubriques
 
 Accueil
 
 Auteurs maison
922 art.
 
 Vedettes etc.
570 art.
 
 Confs & Perfs
636 art.
 
 Archives
3633 art.
 
 Podcast
183 art.
 
 Presse
66 art.
 

 Contactez-nous 
 
Les podcastsdu Rond-Point
 
Ce site vous est proposé par le théâtre du Rond-Point