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Auteurs maison

Ed Wood
«Si le savoir est une arme, nombreux sont ceux qui tirent à blanc.»
Ed Wood

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 Auteurs maison 
Le 19/03/2013
Gabor Rassov
Cabinet de curiosité - Pour les pédants on a du matériel
Une émission France Culture
Chaque mois, un écrivain vous ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres, une littérature savoureuse et décapante, que des comédiens viendront interpréter en public.

Gabor Rassov

avec Gabor Rassov, Romane Bohringer, Didier Bénureau

"Balzac affirme que la réalité dépasse toujours la fiction parce qu'elle peut être invraisemblable sans avoir de compte à rendre à personne.
Quelques auteurs ont consacré leur vie à essayer de lui donner tort. En nous parlant de Hongrie, de magie, d'hypnose, de drogue, de rôti de porc, de pipi et de caca, de football en général et du PSG en particulier, de chamanisme ou de sexe déviant, que des sujets qui nous intéressent au plus haut point.
Cette lecture est pour moi l'occasion de rendre hommage à ces courageux combattants qui ont osé s'aventurer aux frontières de l'incroyable. Gloire à eux! Michel Seldow, Dezsö Kosztolanyi, Gesa Csath, Shalom Alechem, Robert Desnos, Lucio Mad, Hanokh Levin, Gustave Le Rouge, et Amos Tutuola, liste ouverte et non exhaustive." Emission coproduite par France Culture et le Théâtre du Rond-Point sur une idée originale de Jean-Michel Ribes. Enregistrée le 13 décembre 2010 au Théâtre du Rond-Point Réalisation : Laure Egoroff Diffusée sur France Culture le samedi 18 décembre 2010 à 20h
Durée : 57:58
 
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Le 13/04/2015
 
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Le 22/02/2012
De qui se moque-t-on ?
8. Les pantalons
Les pantalons… ah la belle invention, les pantalons ! C’est le même ingénieux bonhomme, je suppose, qui aura enfilé au lapin la peau de lapin. Franchement, je veux bien être damné (de toute façon, je veux bien être damné, sans quoi il me faudrait passer mon éternité loin de cette délicieuse petite garce de Pétronille qui le sera à coup sûr, damnée, et je n’imagine pas plus lancinant supplice) si les pantalons n’ont pas été conçus sur le modèle de la paire de jambes. Bravo pour l’originalité, bravo pour l’audace ! Pour ma part, j’attends davantage de l’esprit humain que cette singerie de la nature, j’attends des propositions neuves, des contre-propositions, j’attends qu’il assigne au corps des réalisations plus ambitieuses que celle qui consiste à se couler comme un zombie dans son propre fantôme de flanelle.      
Donc, les pantalons imitent l’homme, même s’ils ne lui arrivent qu’à la cheville et si pour eux rien n’existe au-dessus de la ceinture. On voit en quelle estime ils tiennent notre génie, à quoi ils nous réduisent et quelle belle idée ils se font de nos puissants cerveaux. Certes, on ne ressort pas grandi des pantalons. Ceux-ci retirés, en effet, de quoi avons-nous l’air ? Et comment – songez-y la prochaine fois – comment tendrement étreindre notre compagne fidèle (ou plus rudement cette délicieuse petite garce de Pétronille) avec nos pantalons gisant, ridiculement tirebouchonnés, sur la descente de lit – est-ce cela, vraiment, la mue de l’amant vigoureux, de l’amant magnifique ? Et si, comme la mienne, votre carpette est une peau de tigre rapportée d’un séjour méditation et safari au Bengale, ne dirait-on pas que le fauve dans un ultime et tardif sursaut a assouvi sa vengeance et sa faim, qu’il a finalement dévoré le chasseur puis recraché seulement cette incomestible pelure ? Quand Pétronille me griffe le dos de ses ongles affûtés, quand ses canines aiguisées se plantent dans mon oreille, je vous avoue que je ne sais plus très bien ce qui m’arrive et que je fais de la volupté une expérience bien amère.      
Et puis, qu’est-ce encore que cette affectation de pluriel ? Les pantalons ! Combien sont-ils ? En portons-nous plusieurs à la fois ? Ou faut-il en déduire plutôt que chacune des deux jambes est en soi (ou en velours) un pantalon ? Ne dit-on pas, d’ailleurs, une paire de pantalons ? Mais que conclure de ces observations, je vous le demande ? L’homme normalement constitué serait-il en réalité l’unijambiste, porteur d’un seul et unique pantalon ? Et le bipède alors, un hominidé inaccompli, mal dégrossi, non encore tout à fait issu de la condition animale ?      
C’est bien possible, mais en attendant que l’évolution ne nous parachève, que faire ? Ôtons ce vêtement risible, mes amis, qui s’accroche à nous au moyen de boutons, de ceinturons ou de bretelles – preuve s’il en fallait une encore qu’il ne nous sied pas naturellement –, jetons nos frocs aux orties et nous connaîtrons enfin la douceur des tigres et celle de cette délicieuse petite garce de Pétronille.
 
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