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Revue en ligne du

Je lance ma chronique

Maxime Courban
Les façons dont la femme et l'enfant accélèrent le pas dans les escaliers
(Chose vue)
La main de la femme est dans le dos de l’enfant, la pousse. La femme se penche, elle voit la rame de métro stationnée depuis longtemps maintenant. L’enfant accélère le pas tant bien que mal, ses yeux s’agrandissent et deviennent ronds, ils scrutent chacune des trop hautes marches pour ses petits pieds. La femme dit quelque chose dans une langue que l’homme ne comprend pas ; l’enfant tord la bouche et ses pieds sur les hautes marches alors l’autre main de la femme se colle contre le ventre de l’enfant. Les deux mains de la femme enserrent l’enfant et la soulèvent du sol. L’enfant tout contre la poitrine de la femme s’agrippe à son cou. La femme dévale d’un pas assuré les dernières marches. La femme court vers la porte encore ouverte avec l’enfant dans ses bras. La femme crie quelque chose à l’enfant. Les paroles de la femme se mélangent au signal sonore de la rame métropolitaine, l’homme ne l’entend pas. Les portes se ferment et la femme et l’enfant restent sur le quai. La femme dépose l’enfant sur le sol. L’enfant regarde le quai et la femme, le métro qui disparaît. L’enfant enfouit les deux mains dans les poches de ses pantalons, se retourne, regarde d’une drôle de façon la volée d’escaliers. Sur le quai, la femme trépigne et tape un peu du pied, regarde l’heure à sa montre, puis caresse doucement la tête de l’enfant. La femme dit encore quelque chose à l’enfant. La femme et l’enfant rient.
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Le 15/09/2015
 
Bribes de rien #2
Amour d’été ne dure qu’un été ; MST d’été peut durer jusqu’en hiver. J’aime bien choisir une personne au hasard dans l’annuaire et lui envoyer une carte postale ainsi libellée : « Je crois que tu as raison : ton gros con de facteur lis ton courrier. » Le rock’n roll, soit on adore soit on déteste, c’est ce que l’on appelle une musique binaire.
 
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Le 01/06/2011
 
En bibliothèque
Le journal de Béotius (C'est du lourd, c'est du vécu)
J'entre dans une bibliothèque pour échapper à une averse. Aussitôt, j'avise une jeune femme juchée sur un tabouret.
— Plaît-il ? s’enquiert la créature aux formes opulentes, la dextre en suspens.
Cette expression désuète titille mon cortex. Pris au dépourvu, je souris niaisement et cherche désespérément une béquille pour mon regard.
— Vous aussi, vous voulez vous documenter sur les écrits licencieux du temps jadis ? poursuit-elle.
Face à ces propos dépouillés de réserve, je m’enhardis :
— Le galbe de vos jambes m’incite à penser que votre culture érotique n’est pas seulement livresque.
— Il se peut. Mais songez aussi qu’avec le plat de mes mains, si délicates au demeurant, je pourrais applaudir votre entrée en matière ou appliquer sur vos joues replètes quelques soufflets de ma façon. (Je réfrène un geste d’agacement et suis l’ensorceleuse qui promène les lignes serpentines de son corps.) Mais dites-moi plutôt, si vous étiez un chevalier errant, de quelle manière en useriez-vous avec moi ?
— J'accommoderais la roturière comme il sied, à la manière d'un vulgaire manant, lâché-je, non mécontent de réduire à quia l’impudente.
Puis je fais volte-face et m'éloigne prestement. « Dans les bibliothèques, l’on ne rencontre que des intellectuelles incapables de sacrifier l’esprit à la chair » murmuré-je empli d’amertume.
— Ne pas mettre en parallèle la vacuité de ton existence avec la plénitude de mes formes ! assène la rhétoricienne offensée.
Je vacille : cette réplique acérée met un terme à la joute oratoire. « Le commerce d’une cérébrale ne ferait que menacer mon intégrité mentale », me dis-je alors en allongeant le pas pour gagner la sortie de cet endroit hostile.
 
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Le 17/07/2014
 
Du sel sur la plaie
La gestion des forces vives est un art délicat
 
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