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Je lance ma chronique

Maxime Courban
La rue mouvementée le matin et sans le plaisir de la tour Saint-Jacques droit devant soi
(Chose vue)
La rue mouvementée le matin est avec le plaisir de la tour Saint-Jacques droit devant soi. La tour Saint-Jacques, majestueuse et blanche, derrière à l’exact opposé. La rue est bruyante de tous côtés. Il faut être vite dans la vie de la ville ce matin. D’abord un café le coude sur le comptoir, une winston for winners et se souvenir de cet homme qui parlait des musiques qu’il écrit, de la difficulté de plus en plus d’être sur la scène et sous les feux des projecteurs. Il enviait la solitude, être à sa table, et le face à face avec l’écran de l’ordinateur. J’enviais, un peu, l’émulation du groupe. L’instinct grégaire en berne, pour le dire comme ça. Le retour à la rue il fait plus froid peut-être et je suis comme à contre-courant. Disparaître ici, l’insatisfaction est un moteur. Pourquoi pas. Le col de la veste remonté haut, la tête dans les épaules et la main droite dans la poche du pantalon noir, les doigts jouent avec l’objet et le briquet. La femme et l’enfant s’avancent vers moi. La femme et l’enfant avec les rollers elles roulent vite sur le trottoir. L’écharpe de la femme virevolte pour ainsi dire et l’enfant tient la main de l’enfant, elle est encore endormie. Elles sont la main dans la main et filent sur le bitume, la femme sourit et l’enfant se tient les yeux mi-clos. Elles descendent la rue vers le centre de la ville, l’enfant se rapproche de la femme et enserre un peu sa taille, colle sa tête contre la hanche de la femme dont la main se pose sur sa tête.
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Culotte ou caleçon ?
Je suis jeune, brune, plate et pas très à la mode. Je porte un Mac sur le dos mais dans un sac, personne ne le voit. J’ai des écouteurs mais j’entends ceux qui m’entourent. Quand je suis dehors, je suis morceau de viande, poisson frais, pute gentille et proie facile. Je subis les sifflements de la rue, les regards douteux des hommes, les mains baladeuses des files d’attente et les phallus dressés du métro de soirée. Je ne suis ni féministe, ni raciste, juste femme malgré moi. J’aurais aimé être mâle pour épier, lorgner et draguer, on m’aurait alors surnommé Casanova. Mais je suis femme et quand je me comporte comme ça, je suis chair à volonté sur l’étal citadin, fille facile pour certains et petite bourgeoise à salir pour d’autres. Sous ces côtés sales, ce statut de pseudo victime a un versant grisant. J’aurais détesté être mâle et devoir faire le premier pas, assurer aux dîners, savoir bien embrasser, supporter les quolibets de mon amour et ses amies qui se racontent tout, sans pudeur, sans intimité. Mais je suis femelle et pour cela, j’ai le pouvoir de dire non à ce que je veux, quand je le veux et l’homme n’a qu’à accepter. Sous des premiers abords douteux, dans nos conventions, ne porte pas la culotte qui on croit.
 
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