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Auteurs maison

Jean-Marie Gourio
Les biscottes n'ont pas d'avenir
Prenez une biscotte. Regardez son avenir. Déja, la biscotte part en miette. L'avenir de la biscotte en miette fait réfléchir sur la fragilité de notre condition. Il vaut mieux prendre une tartine beurrée. L'avenir de la tartine nous fait réfléchir sur la disparité qu'offre notre monde en qualités d'avenir. Le lait en poudre donne aussi des crampes aux méninges. A la limite, il vaut mieux, au petit déjeuner, prendre un coup de blanc. Et discourir sur la coupe du monde de football en se saoulant gaiement. Après tout, pourquoi pas ?
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Le 11/04/2012
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10. Le cheveu
Le cheveu, si nous n’en avions qu’un, j’admets qu’il serait chose précieuse, le fil le plus fin du tricot de soi, le filament radieux de notre ampoule de tête ; rai de soleil ou trait de pluie nous liant harmonieusement au monde environnant. Mais cette quantité ! Ce mystère sans intérêt de leur nombre ! Si l’ennui a une origine, il faut la chercher dans cette mauvaise herbe proliférante. Le cheveu est un piège à guêpe, la tige de la pipistrelle affolée, un nid douillet pour le pou qui ne se défait que pour tremper dans la soupe ; au soir, il est un suffocant nuage de gaz carbonique, de graillon et de tabac. Puis il nous embrouille. Le visage le plus franc, la figure la plus candide disparaissent sous ce gribouillage. Il n’y a plus moyen d’être honnête. Alors le cheveu nous dénonce sur les scènes de crime malgré toutes les précautions prises pour ne laisser ni trace ni empreinte. Il veut nous voir en prison ; il fournit, pour notre cachot, la première brassée de paille humide.       Tout le hérisse. C’est un pleutre doublé d’un gardien sourcilleux de l’ordre et de la morale. Toutefois, il suffit que l’ennemi l’empoigne pour nous tenir à sa merci. Nous n’avons plus de secrets pour lui, voici les noms, voici les plans, voici les codes. C’est que la douleur a son siège à la racine du cheveu. Si onduleux et souple soit-il, nous n’en sommes pas moins criblés de crin, d’aiguilles, d’épingles, d’épines, voués à toutes les malédictions, à tous les envoûtements.       Ah ! si Dieu est un marionnettiste, devinez un peu quelles ficelles il tire pour nous manipuler, et pourquoi nous dansons misérablement sur le flot, et pourquoi nous ratons si souvent la marche.       Ah ! nous nous croyions définitivement descendus du singe, nos pieds touchaient le sol sous le cocotier, mais c’est encore par le cheveu que le chimpanzé nous retient en l’air ; sa main velue nous gratte paternellement l’occiput. Serions-nous si ébouriffés si nous en avions tout à fait fini avec la préhistoire ?       Et pourtant, comme nous prenons soin du cheveu ! Shampoing au lait d’amande, peigne de nacre, brosse en loupe de noyer, rubans, barrettes, fleurettes, rien n’est trop beau pour lui. Croyez-vous qu’il nous en sache gré ? Il se ternit plus vite que la pomme de terre pelée ; blond, brun ou roux au départ, il vire au gris, il tombe en cendres, il nous vieillit de dix ans du jour au lendemain. Le vent qui nous décoiffait hier disperse à présent la poussière dont nous sommes faits. Le cheveu est le premier à partir, il nous laisse grelotter dans les frimas. Ou alors, il nous trahit plus sournoisement encore : il s’accroche, au contraire, quand tout notre corps défaille, se lézarde puis succombe – il continue à croître après notre mort, doué d’une vigueur nouvelle, il se nourrit de notre cadavre comme un ver !       Que faire, mes amis, comment nous rebeller à notre tour contre ces mèches qui nous aveuglent, ces frisettes qui nous infantilisent, ces épis qui nous ridiculisent, ces brosses qui nous militarisent, comment nous soustraire à ces rets, à ce filet qui déjà nous coiffe et qui, si nous n’y prenions garde, s’enroulerait aussi bientôt autour de nos chevilles pour nous paralyser complètement ? Nous ne sommes pas démunis : le cheveu redoute les ciseaux, la tondeuse, la pierre ponce, le papier de verre et le rabot. Rasons-le, polissons, astiquons nos crânes ; alors enfin nous serons vraiment nus sous notre bonnet et, celui-ci ôté, la lucidité nous reviendra avec la lumière.
 
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Le 28/08/2014
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C'est Noël tant pis - Journal de bord, carnet de route d'une création #0
 
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Le 03/12/2015
Pourvu qu'on ait l'ivresse
Nous avons choisi ce thème en réponse à l'actualité et à notre désir à tous de nous réapproprier terrasses et lieux publics, de reprendre pied en retrouvant le goût de partager nos bons moments de vie. L’affaire est entendue : l’idéal serait de ne vivre que de tels moments, de les fêter comme si c’étaient les derniers en trinquant à leur éternel retour. Mais il n’y a pas que des bons moments, il y en a aussi qui sont graves et révoltants, il y a une ivresse de vie et une ivresse de mort. Passer de l'autre côté en passant du côté de l'autre pour l'embrasser, c'est un art pacifique, populaire, raffiné, joyeux, poétique, de musique, de vin et de paroles, l’art de fusionner nos traditions festives et nos convivialités, nos élans, nos folies, nos joies – avec ou sans modération.
 
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