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Je lance ma chronique

Etienne LĂ©croart
Inutile de monter

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 Je lance ma chronique 
Le 18/04/2011
 
Je me suis fait couper la banane
Je ne l’avais jamais trompée. Des années de vie partagée, sans le moindre démêlé et pourtant… S’il est vrai qu’avec le temps, nos rapports aux tumultes échancrés se faisaient moins fréquents, jamais pour autant la lassitude de ces couples éplorés n’était venue enrayer notre petite complicité. Même à cran, rien ne pouvait altérer la dépendance de notre relation, pas même cette chute irréversible, signe d’un vieillissement de moins en moins latent.  
Et pourtant… En ce petit matin ensoleillé de doux printemps, un aquilon volage souffla sur mes désirs sont air le plus défendu. Ce temps nouveau qui fait monter la sève, me plongea tout droit dans l’incommensurable corsage d’une charmante demoiselle. Elle que chaque matin, je croisais derrière sa vitre, sans prendre le temps de m’appesantir, devint soudainement pour moi l’attrait d’une nouvelle jeunesse.  
Si peu éclatant paraissait son esprit, sublime en revanche était sa poitrine. Bien que ma timidité farouche et mon éducation puritaine me décontenancent au moindre string qui dépasse, je pris soudainement mon courage à deux mains et fis le premier pas. « Ce soir si vous voulez » me répondit-elle d’un large sourire au chewing-gum qui dépasse. Le soir venu,  je me rendis non sans une certaine appréhension au lieu dit du rendez-vous. Etais-je vraiment certain de la chose ? N’allais-je pas commettre là une bêtise impardonnable ? A peine me fit-elle entrer dans son salon que mes doutes se dissipèrent, elle qui pour me mettre à l’aise, me défit rapidement de mes affaires.  
Je me retrouvai là, docilement allongé, enivré par la douceur sur ma tête de ses fines caresses, maîtrisant parfaitement bien la chose, elle me fit peu à peu vaciller, elle, penchée sur mon corps, moi, bercé par ses déhanchés et le formidable cliquetis de son voluptueux doigté. Impossible de reculer. 
Sitôt l’acte achevé, elle m’interrogea sans ambages sur mon sentiment à propos de tout ce qui dépasse. Honteux, après un tel déshonneur, c’est à peine si j’osai me regarder dans la glace. Après tant d’années de fidélité, je me posai alors cette question, cette douloureuse question… Comment ai-je pu délaisser ma tondeuse à cheveux, pour aller me faire couper les tifs chez un quelconque coiffeur ?
 
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Le 18/04/2010
 
Esteban
19 novembre 1963
Dix-huit semaines après le terrible accident hyperionique, nous vivons toujours, Esteban et moi, dans la peur. Réfugiés dans un bunker souterrain de 9m², les informations distillées par la radio nous arrivent au compte goutte. Personne ne sait véritablement ce qui s'est passé et les explications fournies sont plus que confuses quant à l'explosion de la face gauche de la Terre.
Les scientifiques qui se succèdent au micro de la radio mondiale craignent un basculement de la demi-sphère Planète, ce qui pourrait engendrer de nombreux cataclysmes pires que ceux que nous avons déjà vécus.
Esteban et moi gardons néanmoins espoir car nous sommes de la branche dissidente des utopistes.
J. F. Kennedy parle d'erreur humaine, mais nous restons persuadés que l'effacement pur et simple de cette partie de la Terre constitue une preuve politique de la volonté du gouvernement d'éradiquer la menace communiste.
Nous vivons pour le coup, même si rien n'est encore véritablement avéré, sous la menace d'une dénonciation.
 
 Je lance ma chronique 
Le 21/06/2011
 
Comme un con pris dans un rond-point
Fort con de se plaindre de l'inconfort d'un théâtre : des fauteuils éculés, des bancs faussement rembourrés, une constante odeur de bouffe assez indéfinissable, des petits insectes vampires qui viennent vous sucer le sang sitôt la nuit tombée, les 10 minutes ou le 1/4 d'heure de retard devenus fréquents, ce feuillet à distribution robotisée qui révèle tout et que je refuse poliment parce qu'il ne me dit rien, des toilettes à propreté variable, des sèche-mains trop bruyants, etc.  Mais voilà, j'y reviens, j'y retourne, j'y vais, parce que j'y aime le ton rebelle, la gamme étendue des spectacles parfois approximatifs, parfois hyper professionnels, souvent décalés, toujours excitants même quand c'est globalement mauvais... L'œil du maître est là sans doute, qui saisit le petit rien dont il sait qu'il porte la promesse d'un presque tout !  Les bonnes raisons d'être là emportent toutes les mauvaises, et avec elles, comme consubstantiellement donc, font corps !
 
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