Rechercher 
 
theatre du rond point vents contraires
Revue en ligne du

Auteurs maison

Gilles Weinzaepflen
Chez nous, en Auvergne

Toute activité humaine génère sa part de déchets. Prenons le cas des volcans par exemple. Autrefois, ils n’hésitaient pas à nous balancer quantité de trucs sur la tête, blocs composites noirs et autres coulées de produits dégeulasses et juteux. Chez nous, en Auvergne, nous avons décidé de prendre notre revanche contre ces cavités qui ne servent plus à rien, par la mise en place d’une gestion des déchets engendrés par leur accumulation dans nos cratères vides : papier, carton, verre, plastique, métaux. En effet, l’accroissement démographique de la société de consommation a multiplié la quantité de déchets pour atteindre 480 kg par an. Qu'ils soient industriels ou ménagers, organiques ou métalliques, ils peuvent donc être stockés sans problème dans nos cratères absolument vides, dont la béance inutile permettra de régler une fois pour toutes la question des déchets. Les risques d’une reprise d’activité sont faibles, cependant un réveil de type nourrisson (n’importe quand en pleine nuit) peut se produire. Le renvoi des déchets représente un risque sanitaire puis énergétique et enfin environnemental. C’est pourquoi cette solution est déjà un premier pas vers un développement écologique et durable.


À lire aussi...
 Auteurs maison 
Le 31/01/2012
 
 Auteurs maison 
Le 06/03/2014
Rond-Point online
Le Rond-Point n'est ni un rond ni un point. Le Rond-Point est ouvert comme un C. Le Rond-Point n'est point un point, c'est une virgule légère. Mouvement. Spirale. Entrer dans un tourbillon. Tourner en s'envolant dans les vents contraires. S'en échapper un peu plus élargi.
 
 Auteurs maison 
Le 11/06/2012
De qui se moque-t-on ?
12. Le balai
Bon, j’admets que je m’emporte un peu vite et que mon courroux enfle parfois démesurément des vétilles comme le sabot du taureau piaffant fait un nuage de dix grammes de poussière. D’un autre côté, je n’aime pas beaucoup être pris pour un naïf et, puisque vous parliez de poussière, je suppose qu’il ne se trouvera personne parmi vous pour défendre celui qui en est le plus sournois propagateur : le balai ! On le nomme et tout est dit : bas et laid. Quel vil torchon ! J’exècre ce maigre coucou qui exige dans la maison son placard individuel, semblable à un cercueil debout, afin que jamais nous n’oubliions que nous ne sommes que poussière, justement. On dirait la mort en sentinelle dans sa guérite. Il ne m’étonne pas que les sorcières aient fait leur monture de cette haridelle qui a plus de crin que de chair et dont l’os unique semble brouter en permanence la gerbe de paille qui pousse stérilement à son extrémité et ne donne pas de grain. Cela ne l’engraisse guère ; d’ailleurs, il n’en vient jamais à bout.        Le balai est la pire des ordures. Une ordure impérissable comme l’uranium même, qui envoie à la poubelle, à la décharge, à l’incinérateur, des copeaux qui valent mieux que lui, des moutons duveteux, de chatoyants éclats de verre, des pétales de porcelaine, des miettes qui seraient des biscuits pour le moineau famélique. Puis il rassemble vicieusement nos saletés, lesquelles, si bien répandues sur toute la surface de notre domaine, se remarquaient à peine. Le balai nous réduit à elles, à ce vilain petit tas. C’est agréable.       Puis quoi ? Le balai voudrait bien se faire passer pour un cantonnier zélé et infatigable. Or voyez-le à l’œuvre : l’un de ses bouts ne sert à rien ! Manche inepte qui ne brasse que du vide comme s’il s’agissait d’une consistante bouillie ! Il doit sa patine à nos seules mains calleuses. Sa tête hirsute est la plus affreuse chose que l’on puisse imaginer. À se demander si ce n’est pas elle en vérité qui secoue ses dartres et ses croûtes sur nos sols impeccables. Le balai devrait avoir la netteté claire et radicale du vent qui décape : il est plus crotté que la bêche, plus chevelu que la brosse, tout en lui nous répugne et nous révulse.       Comment se débarrasser de lui enfin, mes amis ? Quel balai inventer pour balayer le balai ? Quel balai pour se retourner sans ménagements contre lui-même ? Ne pourrait-on en le harcelant comme il convient le pousser au suicide ? Et l’amener à se conduire au dépotoir de ce pas de valse gauche et heurté qui lui est propre et qui lui a toujours interdit de devenir sur les planchers vernis ce danseur mondain qu’il aspirait à être ? Ce ne sera pas facile, mais il faut essayer. Alors le monde sera sous sa poussière comme le fruit frais dans sa pruine : nous aurons de nouveau envie de mordre dedans.
 
Toutes les rubriques
 
 Accueil
 
 Auteurs maison
927 art.
 
 Vedettes etc.
576 art.
 
 Confs & Perfs
641 art.
 
 Archives
3633 art.
 
 Podcast
196 art.
 
 Presse
66 art.
 

 Contactez-nous 
 
Les podcastsdu Rond-Point
 
Ce site vous est proposé par le théâtre du Rond-Point