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L'homme aux rubans verts
C'est ainsi que, en 1666, Molière appelle Alceste dans Le Misanthrope. Le vert était la couleur préférée de Moilère. Les inventaires après décès ont montré que là où il vivait avec Armande Béjart, la fille de Madeleine, la literie était verte, de même que les rideaux garnis de passementerie dorée et de soie verte. Tout y était vert et or. On peut donc supposer que la superstition liée au vert, dans un contexte théâtral, n'a pas une origine aussi lointaine que la tradition veut bien le dire. Même si, au Moyen-Âge, l'amateur qui interprétait le rôle du traitre Judas dans les Passions, portant un costume vert, était malmené à l'issue des représentations. En 1675, les affiches étaient vertes pour l'Hôtel de la rue Mazarine et le velours des théâtres était vert ou bleu au XVIIIe siècle. Ce n'est qu'au siècle suivant qu'un certain rouge fut privilégié, le rouge-théâtre. Il apparaît que c'est au XIXe siècle que la méfiance à l'égard du vert est née. Un comédien serait mort après avoir porté, à même la peau, un costume vert. Sous les effets conjugués de la transpiration et de l'oxyde de cuivre contenu dans la teinture verte, il serait mort par empoisonnement. En fait, le vert entre dans la symbolique théâtre. D'une part, le vert est la couleur du vampire, même si c'est un vert blême. De par le rythme même de leur profession, les comédiens sont des noctambules. Tels des vampires, ils sortent la nuit. Le matin, ils dorment ; l'après-midi, ils répètent ; le soir, ils jouent. Puis, ils s'en vont souper. D'autre part, le vert est la couleur de l'aléatoire. C'est une feutrine verte qui recouvre les tables de jeu. Et le théâtre, parce qu'il se donne en direct, n'échappe pas à ses aléas. On l'aura remarqué : les chirurgiens portent une blouse et une calotte vertes. Un vert qui tend, de plus en plus, vers le bleu, la chirurgie se percevant comme de moins en moins aléatoire. Le vert, prohibé sur une scène de théâtre, aurait donc des origines plus symboliques qu'événementielles. Quoi qu'il en soit, la méfiance demeure : le comédien Pierre Dux (1908-1990), qui fut l'administrateur de la Comédie-Française, ne supportait même pas un dossier vert dans son bureau. Lors d'une tournée, il serait allé jusqu'à faire repeindre les murs de la chambre d'hôtel qui lui avait été attribuée. Quand Le Misanthrope est donné, les rubans verts d'Alceste comme ceux des petits marquis sont rouges et jaunes. Quand Patrice Chéreau, en 1976, fait scandale avec sa mise en scène de La Tétralogie à Bayreuth, les sifflets sont, en partie, attribués au vert de la forêt du Siegfried, composée d'arbres prélevés dans la verdure de la Franconie. Est-ce par provocation et par superstition inversée que Bruno Coquatrix, le directeur de l'Olympia, n'hésitait pas à exhiber une veste verte ?
 
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