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Fabrice Erre
Un petit coup de rouquin

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Le 18/08/2015
Où sont les femmes ?
Où sont les femmes ? A cette question qui tracasse l’humanité depuis belle lurette, André Malraux répondit sans ambigüité dans  La condition humaine IV. Depuis, nous savons que les Femmes sont aussi des êtres humains.  Cependant cette identité connotée d’une reconnaissance  égalitariste était encore difficilement  reconnue dans les us et coutumes des  années 1930.  Formatés dans les écoles de la République par de grands  blessés du bulbe tels Alfred de Vigny et Henri de Montherlant, nous sommes restés  longtemps distanciés de cette conception féminine car le premier avait défini  la femme « enfant malade et douze fois impur » et le second  l’avait cantonnée dans le simple rôle d’objet sexuel, d’où deux aspects éloignés de son réel profil humain lequel passa au fil du temps d’une primate  africaine velue au stade sophistiqué d’abonnée au Figaro magazine. Il n’est pas étonnant que nous ayons mis un long temps à reconnaître le positionnement  évident de la Femme car, hors la nécessaire fonction de reproduction, nos ancêtres  lui laissaient essentiellement  la responsabilité  de faire le ménage et la cuisine Ce qui, à la limite, est une égoïste marque de confiance limitée au torchon et à  la vaisselle. Avant d’accéder au niveau d’une reconnaissance,  il fallut à la Femme qui était consacrée à ces activités peu valorisantes franchir plusieurs niveaux dans une échelle de valeurs bien éloignée d’un positionnement supposé biologique. Et dont les mâles se sont satisfaits parce que c’était bien commode. Pour faire court, passons sur l’anecdotique de la Femme à Barbe laquelle exposait son virilisme pilaire dans les foires populaires de jadis alors que le subtil Aragon avait déjà vu en elle l’avenir de l’homme Ensuite,  évoquons  rapidement la Femme Fatale. Sous la forme d’un destin  inexorable, cette  dernière  fut souvent la plaie des familles chrétiennes Et concluons avec la femmelette qui est identifiée par deux tout petits seins et des soutiens-gorge inférieurs au calibre 70. Cette malingre nous  fournit la conclusion  que  le regretté  Jacques Perret  formula ainsi : « Si tu épouses une femme qui n’a pas de seins, la vie, un jour, te paraitra un désert ». C Q F D   Claude Chanaud
 
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Le 29/04/2010
La courbette par Courbet
Et bientôt : La manette par Manet La bouchère par Boucher La brune par Le Brun etc...
 
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Le 19/06/2014
L'amour dure des millions d'années
Histoires d'os 49
N’en déplaise à notre versatilité moderne, ils s’aiment depuis 47 millions d’années. Une constance amoureuse que même Baucis et Philémon leur jalousent secrétement. Héros de cette intrique : neuf couples de tortues lacustres, aujourd’hui disparues vue la lenteur extravagante de leur procréation. On les a retrouvés, fossilisés en pleins ébats, sur de belles  plaques de schiste. Cas pour le moins exceptionnel d’érotisme paléontologique, tant il est vrai que la fossilisation surprend assez rarement ses victimes en pleine action. Les couples se sont formés à la surface de l’eau où le mâle, obstinément, a tenté d'enjamber la carapace glissante de sa docile partenaire. Puis, enfin parvenu à arrimer son impatience, il a aimé sa belle sans prendre la peine de dégrafer son encombrant corset d’écailles. Les amants satisfaits sont ainsi demeurés dans cette étreinte sportive, assez peu favorable à l’exercice de la nage. Lentement, ils ont coulé vers les eaux plus profondes où la mort les attendait sous forme de vapeurs toxiques. Ces amants éternels n’ont qu’assez peu de points communs avec Roméo et Juliette et il est douteux que le grand Shakespeare aurait daigné écrire le moindre vers sur leur infortune. Mais leur étreinte post mortem les rapproche des grands destins tragiques qui alimentent notre vision poétique de l'amour. Comment ne pas songer aux estampes japonaises devant cet émouvant Kamasutra zoologique ? A moins de laisser la parole à la sagesse de La Fontaine : qui veut voyager loin, ménage sa monture ? A défaut de septième ciel, la course de l’amour peut conduire au Musée. 
 
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