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Kery James : faire se rencontrer les deux France
Rond-Point – Kerry James, pourquoi aujourd'hui écrire et interpréter une pièce de théâtre ?
Kery James – Je veux faire de À vif une pièce dont on ne ressort pas indemne, une pièce qui marque, bouleverse parfois et peut-être même change les choses. Peut-être même une seule. Une pièce importante, sociale, nécessairement politique mais pas politicienne. En d’autres termes, une pièce qui participe à la vie de la cité. Ce sont là les objectifs que je me suis fixés tout au long de ma carrière musicale et je ne saurais faire autrement dans le théâtre, la peinture ou le cinéma. Cette pièce a selon moi la capacité d’intéresser un très large public car elle raconte la rencontre entre ce que j’appelle les « Deux France ». « Deux France » qui ne se connaissent pas ou s’ignorent. « Deux France » qui se
méprisent parfois et qui continueront à avoir peur l’une de l’autre tant que seuls les médias et la classe politique
leur serviront d’intermédiaires.
 
Ces deux mêmes France que l’on va tenter d’opposer en 2017, lors des élections présidentielles. Il est une évidence que les mots d’ordre pour les prochaines élections seront la division, la stigmatisation et l’exclusion d’une partie des Français du sentiment d’appartenir à la Nation. Il s’agira d’une course pitoyable à la séduction de l’électorat de Marine Le Pen.
 
Cette pièce ne règlera certainement pas le problème, mais proposera quelque chose de fondamental à la cohésion nationale : un dialogue. Elle tentera de briser les idées reçues et de mettre en évidence la complexité de ces deux France que certains tentent d’opposer en les présentant comme deux blocs compacts et soudés dans lesquels
tout le monde vit et pense de la même manière.
 
C’est pourquoi tout au long de mon écriture, je me suis efforcé à ne caricaturer aucune de ces deux France. Les deux avocats se livrent tous les deux à une plaidoirie fortement argumentée et construite. Je n’ai pas cherché à favoriser une opinion plutôt qu’une autre. Ma conviction intime étant que tous ensemble nous pouvons
parvenir à améliorer la situation des banlieues en France et le vivre ensemble.
 
En 2012, je me suis produit au Théâtre des Bouffes du Nord pendant trois semaines. Accompagné d’un clavier et d’un percussionniste, j’y ai interprété les titres les plus marquants de ma carrière. Le public amateur de rap dans une forme plus habituelle n’a pourtant pas boudé le concept, au contraire. Il s’est retrouvé mélangé au public habituel du Théâtre des Bouffes du Nord et aux curieux, qui ne connaissaient pas mon répertoire. En raison du sujet évoqué, en plus du public habitué à fréquenter les théâtres, À vif attirera des spectateurs qui habituellement n’y viennent pas car ils le jugent, à raison selon moi, trop abstrait et éloigné de leur réalité.
 
Les deux France se rencontreront au théâtre, dans le réel et peut-être même, échangeront. Ce sera déjà un petit pas vers le vivre ensemble. Les montagnes sont faites de petites pierres.

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Chien
Le père Tong en a marre de son chien, il veut me le vendre. Combien ? je demande. Il donne un prix. Trop cher, je dis. Il baisse de moitié. Tong, je dis, vivant ton chien ne m’intéresse pas, il a des puces, il bave, il pue, fais-le empailler et j’aviserai. J’ai aussi un perroquet, dit Tong. Empaillé ? je demande. Vivant, dit Tong, mais il est muet. Ça ne vaut rien ; donne-le à manger au chat. Plus de chat, dit Tong ; je l’ai vendu mardi dernier. Combien ? je demande. Il indique le prix. Tu t’es fait avoir, je dis. Tong n’est pas doué pour le commerce. Soit il exagère, soit il sous-estime la valeur des choses, il n’a pas idée du juste prix. Maintenant, il veut me vendre sa femme. Elle est d’accord ? je m’inquiète. Il affirme que oui. Je demande à voir. Il me présente une créature gonflable made in China qui visiblement n’est jamais sortie de sa boite. Je feins de m’intéresser. Il me confirme qu’elle est vierge. Shu Fang, elle s’appelle. Combien ? je demande. Il dit son prix : une bouchée de pain. Ça semble une aubaine. J’en prends dix, je dis. Holà ! il répond, je suis pas polygame. J’offre de lui acheter sa femme dix fois le prix de la poupée, à condition qu’il la fasse empailler. Il réfléchit, puis décline l’offre. Paille trop chère, dit-il. Comme commerçant Tong est imprévisible, donc je lui achète son chien.
 
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