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Mina Lopez
Ce Rond-Point où l'on cause?
Blog de la Ville de Tremblay-en-France

Les Tremblaysiennes de la maison de quartier du Vert-Galant au théâtre du Rond-Point à Paris. © Guillaume Clément - Ville de Tremblay-en-France

"Elles se sont volontiers prêté au jeu : des Tremblaysiennes du Vert-Galant ont débattu devant une caméra dans le cadre d'un festival parisien organisé au théâtre du Rond-Point, sur le thème des périphéries urbaines."

« Nous avons très rapidement oublié la caméra qui tournait. Ils nous posaient des questions et nous laissaient répondre, ou plutôt débattre entre nous », racontre Nadra. Cette Tremblaysienne a pris part récemment – avec d'autres femmes qui fréquentent régulièrement la maison de quartier du Vert-Galant – au tournage d'un petit documentaire. Avec, aux manettes, Jean-Daniel Magnin, le concepteur du festival intitulé « Nos disques sont rayés », qui s'est tenu en février au théâtre du Rond-Point à Paris. La troisième édition de ce festival citoyen des périphéries urbaines proposait quinze jours de débats, performances et conférences « pour renverser notre vision sur la banlieue, les marges, les territoires ».

Et chaque soir, des extraits du documentaire mettant en scène les « dames de Tremblay » étaient projetés, avant des spectacles qui mobilisaient artistes, activistes, écrivains et autres penseurs. « Je connais Jean-Daniel Magnin et lorsque j'ai su qu'il préparait cet événement, nous avons convenu de travailler ensemble pour faire intervenir des gens habitant en banlieue», explique Danielle Bellini, directrice des affaires culturelles et de l'éducation populaire au sein de la ville. Les Tremblaysiennes étaient ainsi invitées à répondre à des questions comme : « Faut-il détruire le périphérique ? » « Le populisme est-il forcément populaire ? » La coupure que représente le boulevard périphérique est souvent revenue.

Celui-ci est vu par certaines « comme une frontière entre les riches et les pauvres ». On y parle aussi discriminations, quand Soraya, l'une des animatrices de la maison de quartier, raconte qu'on lui avait demandé de changer son prénom alors qu'elle travaillait dans un salon de coiffure parisien. « J'aime beaucoup débattre : on nous a donné cette opportunité et nous l'avons saisie. Le débat sur la gentrification est celui qui nous a peut-être le plus opposé. Je pense pour ma part qu'il n'y a pas de différences entre les Parisiens et nous : ce n'est pas la ville qui détermine la valeur des personnes. À Tremblay aussi, on oppose parfois les habitants du centre- ville, censés être plus populaires, et ceux du Vert-Galant. Mais, moi j'habite au Vert-Galant et je ne suis pas riche ! » fait valoir Nadra.

« J'ai été frappée par l'intelligence de leur analyse et leur liberté de parole, même si beaucoup d'entre elles apparaissent résignées, parce qu'elles savent que les choses ne vont pas changer », souligne Mariam Khakipour, la compagne de Jean-Daniel Magnin qui a également dirigé le tournage. Mais de cela, les Tremblaysiennes, ont bien envie « de continuer à débattre… »

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