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Confs & Perfs

Nos disques sont rayés
François Bégaudeau : Histoire de ta bêtise
Lecture par Christophe Brault, mise en voix Valérie Grail Bego

Histoire de ta bêtise, texte et adaptation François Bégaudeau, mise en espace Valérie Grail avec Christophe Brault  - Festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés #4" 

Histoire de ta bêtise est parti de la dernière séquence présidentielle, qui fut un sommet en matière d’énoncés creux. Et puis j’ai extrapolé vers la classe qui produisait ce vide, cette « minorité audible » qui monopolise ou presque la parole médiatique. La question est simple : qu’est-ce qui fait que des cerveaux valides produisent ce vide ? Je fais alors de la bêtise un fait de structure, qui nécessité qu’on analyse celle-ci. Étudier la chimie de la bêtise de la bourgeoisie impliquait d’examiner à nouveau ce que bourgeois signifie. "Si ta condition ne t’interdisait de voir que le capitalisme produit structurellement des désastres écologiques, tu t’aviserais qu’on ne sauvera la planète qu’en renonçant à la croissance qui est son mantra. Au lieu de quoi tu conçois les réformes environnementales dans les limites de tes impératifs marchands. Au gangréné tu prescris des antibiotiques. Sa famille est soulagée : elle n’aura pas à recourir aux grands remèdes ; elle peut une nouvelle fois voter au centre."

Programmation Jean-Daniel Magnin
Captation Le Média


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 Confs & Perfs 
Le 02/10/2013
Télérama Dialogue : M/M Paris
Les Rencontres Télérama
Avec M/M Paris Entretien : Loran Stosskopf "Ces deux créateurs sont les graphistes que le monde entier nous envie. En multipliant les collaborations avec des musiciens telles que Björk ou Benjamin Biolay, des plasticiens comme Pierre Huyghe ou Philippe Parreno, ou encore avec les créateurs de mode Yohji Yamamoto et Marc Jacobs (pour n'en citer que quelques-uns), le duo M/M Paris a redéfini ce que peut être – doit être ? – le positionnement du graphisme par rapport aux autres métiers de la création. Ils ont volontairement ignoré les frontières entre les disciplines artistiques, et, par le biais du graphisme, participé à l'essor d'une vaste scène french touch qui a remis la France dans le tempo de la création internationale." Durée : 00:50:13 Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec France Inter et la MGEN.
 
 Confs & Perfs 
Le 10/11/2014
Plantu : Dessine-moi un scandale !
Caricature, langage sans frontière : Plantu vient le vendredi 28 novembre au Rond-Point, rendez-vous unique en compagnie du plus célèbre des caricaturistes français. Crayon en main, il vous fera découvrir sa méthode de travail, ses personnages et ce subtil « art du slalom » qui lui permet de louvoyer en riant entre fantasmes, interdits et susceptibilités contraires. Ventscontraires – On dit souvent que chaque époque a ses usages propres de la langue. Comment caractérisez-vous notre rapport à la langue aujourd'hui ?
Plantu – En tant que dessinateur, je trouve que j'ai la possibilité de dire des choses qu'on ne sait pas, qu'on n'est pas capable de dire par l'écrit ou par la parole, et le dessin est une bonne manière de glisser des sentiments, des propositions ou des opinons dérangeantes. Et si c'est bien amené, on peut faire en sorte que le dessin ne soit pas non plus agressif inutilement, mais il peut suggérer mille choses. Grâce aux rencontres que j'ai faites avec des scientifiques, j'ai appris que finalement le premier jour de notre naissance, les cellules de notre cerveau ne sont pas faites pour comprendre l'écriture ou la lecture. Nos cellules ne s'organisent dans le cerveau qu'à l'âge de 10 ou 11 ans. Par contre, dès notre naissance, nos cellules cérébrales sont déjà faites pour comprendre notre vraie première langue : l'image. – Selon vous, qu'est-ce qui menace la langue et qu'est-ce qui la sauve ?
– Ce qui menace la langue, ce serait de ne pas l'utiliser. Je pense que les enfants, les jeunes et les adultes qui n'ont pas eu la chance dans les écoles, les lycées, dans le secondaire ou le primaire, d'apprendre à utiliser le langage de la danse, de la musique, du dessin, de la peinture et du théâtre sont forcément handicapés un jour ou l'autre. Et je trouve regrettable qu'on ait longtemps considéré ces matières comme optionnelles, comme quantité négligeable et secondaires. On pourrait sauver énormément d'enfants qui ne sont pas capables d'utiliser le langage de la parole si on avait la possibilité de leur proposer d'autres outils pour s'exprimer. On pourrait sans doute évacuer énormément de frustrations accumulées qui feraient qu'un jour ou l'autre, ceux qui n'ont pas eu cette chance, se sont renfermés et auraient pu être amenés à déraper sérieusement. C'est pour cela que croire en la musique, en la langue du dessin ou à celle de la danse est un investissement, car même si c'est, au départ, une dépense de la part des autorités, de l'éducation nationale, ou de l'accompagnement social, c'est finalement un investissement rentable car il limite les dégâts. Moi-même, en tant que dessinateur, je dis souvent dans les interviews, que si je n'avais pas fait ce métier, j'aurais peut-être été terroriste. C'est de la provocation, bien entendu, mais, ces frustrations que nous accumulons tous, j'ai la chance de pouvoir les évacuer à travers mes dessins. Et quand mes dessins sont imprimés dans le journal, je me venge un peu et je venge peut-être aussi les autres.  – Quel événement ou quelle rencontre ont façonné votre langue et qu'est-ce qui la nourrit au quotidien ?
– Déjà depuis petit, puis par déformation professionnelle, je pense en dessins. C'est ma manière d'accompagner les événements de la vie, du quotidien, les sourires ou les choses graves, d'images qui naissent dans mon regard ou dans mon imagination. Chaque fois que je lis quelque chose que j'ai du mal à comprendre, je suis toujours étonné qu'on n'ait pas pensé à le raconter en dessin. Je me pose la même question devant le mode d'emploi d'un appareil que je viens d'acheter. Et lorsque j'écoute un homme politique, je me dis : «pourquoi il nous raconte tout ça alors qu'il pourrait le dessiner ? » Et je ne supporte pas qu'on dise : « ah, moi, je ne sais pas dessiner. » Quand je joue au jeu Pictionnary, tout le monde pense que je vais gagner, ce qui n'est pas vrai ! Souvent, les personnes qui se croient incapables de dessiner ont des propositions graphiques qui sont  très spontanées et me battent au jeu. Le dessin n'est pas réservé à une élite, c'est un moyen d'expression à la portée de tous.
 
 Confs & Perfs 
Le 04/02/2017
 
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