Rechercher 
 
theatre du rond point vents contraires
Revue en ligne du

Archives

Maxime Courban
La rue encombrée
(chose vue)
La rue est encombrée par les échafaudages. Dans la rue encombrée par les échafaudages les piétons peinent à avancer. La lumière est belle ce soir. La température est basse et la ville humide, les gouttelettes de pluie, fines, font se crisper les visages, elles apparaissent dans les phares jaunes ou blancs des voitures empêchées et pressées aux carrefours de la ville ce soir. Vendredi. Vendredi soir l’excitation citadine est palpable. Ressentie. Chacun se dépêche ; il est question ce soir de se défouler. Demain est un jour calme un peu. Sans travail. Les klaxons. L’heure chienne est hivernale. L’on ne sait pas. Il fait jour et nuit dans le même temps. L’on ne sait pas. Cela ne durera pas. Bientôt les choses rentreront dans l’ordre ; la nuit. La femme dans la rue tient l’enfant par la main. L’enfant se laisse porter par la main de la femme. Elle la guide. La main de la femme guide celle de l’enfant et tout son corps avec. La femme et l’enfant descendent du bus. La femme fait un grand pas et du bus au trottoir elle enjambe le caniveau. L’enfant fait un saut, s’appuie et s’aide de la main de la femme, l’enfant saute du haut bus jusqu’au trottoir ; l’enfant saute par-dessus le fleuve, le caniveau. L’enfant sourit. Victoire. La femme ne voit le sourire de l’enfant. La femme ne regarde pas l’enfant. La femme regarde le pictogramme vert qui devient rouge. La femme et l’enfant ne traverseront pas la rue. Elles patientent. La femme et l’enfant patientent.
À lire aussi...
 Archives 
Le 08/08/2015
 
 Archives 
Le 10/04/2010

Pippo Delbono
« N'obéis pas à ta tête! »
Pippo Delbono a rassemblé autour de sa stature d'ogre tendre une famille de personnages rescapés du théâtre, de la rue, de l'asile – de la vie. Quand il vient à Paris, le Rond-Point est sa maison. C'est là, dans sa loge, juste après son dernier spectacle, que je l'ai rencontré. Interrogation surprise sur les vents contraires. Comme Pippo n'est pas du genre à se démonter, il s'est prêté au jeu, d'abord en petite forme (c'est épuisant, la scène) puis reprenant peu à peu du poil de la bête, à force de puiser de l'énergie dans… les vents contraires!


 
 Archives 
Le 09/01/2015
Nous sommes Hara Kiri
Si Mahomet n’avait pas existé, des fanatiques se seraient bien inventé un autre prophète pour inspirer l’extermination d’une rédaction, répandant la nuée universelle d’indignation exprimée en lettres blanches sur fond noir : « Je suis Charlie. » Mais si la petite graine de papa Marcellin n’avait un jour fécondé le ventre de maman, un petit Raymond n’aurait jamais vu le jour qui allait devenir inamovible ministre de l’Intérieur des années Pompidou décrétant en 1970, pour cause de « Bal tragique à Colombey : 1 mort », l’interdiction du journal « Hara Kiri hebdo » prédécesseur en titre de « Charlie hebdo. » D’autres y auraient pensé à sa place ? Peut-être mais pas sûr. Grâce soit donc rendue à Raymond Marcellin (1914-2004) pour avoir rendu évident « Je suis Charlie » quand la survivance d’Hara Kiri aurait retreint l’imaginaire solidaire. «  Je suis Hara Kiri » ? Ambigu. « Nous sommes Hara Kiri » ? Démobilisateur. Et pourtant…
 
Toutes les rubriques
 
 Accueil
 
 Auteurs maison
927 art.
 
 Vedettes etc.
576 art.
 
 Confs & Perfs
641 art.
 
 Archives
3633 art.
 
 Podcast
196 art.
 
 Presse
66 art.
 

 Contactez-nous 
 
Les podcastsdu Rond-Point
 
Ce site vous est proposé par le théâtre du Rond-Point