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Jean-Daniel Magnin
Denis Robert : "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"
Interview
Nous avons déjà diffusé 8 épisodes de ton Bankenstein, la conférence-confidence-causerie amicale sur l'affaire Clearstream que tu nous avais donnée cet automne, avant la relaxe. Qu’est-ce que ça a représenté pour toi de venir dans un théâtre parler de tes coulisses intimes, alors que tu n’étais pas encore sorti d’affaire ?
Denis Robert : Ça a été très intéressant car cette situation (la scène, un public, un lieu chargé de cette histoire-là) crée une distance nouvelle par rapport à ce qu'on dit et ce qu'on est. Un théâtre est lieu de (plus de) liberté et d'expérimentation. On est dans un espace-temps différent. On sent qu'on doit être vrai. C'est étrange. Dans une université, à la télévision ou dans n'importe quelle salle de conférence, le rapport aux autres est plus codé. Le fait d'être dans l'incertitude (quant à l'issue des procès) créait une énergie, un humour particuliers. Même si j'ai gagné aujourd'hui contre l'hydre Clearstream, je ne suis pas sorti d'affaires. Ils refusent de payer leurs amendes, me poussent à reprendre le combat. Il faut une mission d'enquête parlementaire européenne. Il faut des relais. Si mes livres disent le vrai, et la cour de cassation m'autorise à le dire, alors les politiques, les juges, voire les citoyens doivent se saisir du problème. Sinon il faut accepter l'idée qu'on se fait plumer en toute connaissance de cause.

Qu’est-ce qui selon toi fait le lien entre toutes les activités dans lesquelles tu te lances : enquête, écriture, film, peinture, spectacle, et à présent une pièce de théâtre ? Où est le point nodal  ?
DR : Des questions centrales m'habitent et me taraudent... En voici une "Comment et pourquoi un pays aussi riche que le nôtre produit autant de pauvreté? "... En voici une autre "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"... Une troisième pour la route : "Où est la bonne information (la bonne place) dans cet univers en mouvement ?"... J'essaie de répondre... Mon métier de base, c'est l'écriture... Tout part de là... Les toiles ont existé car on m'a empêché d'écrire. Je parle de la censure de mes livres... Pour ce qui est de la bédé, c'est différent. C'est un vrai travail, la bédé demande un énorme recul et un gros effort de pédagogie. De l'humour aussi... Les chorégraphies ou le théâtre, c'est encore différent et plus nouveau pour moi. J'adore expérimenter et entre deux livres ou des toiles, travailler en équipe... Le point nodal, disons que c'est de ne jamais me répéter, ni m'ennuyer, de ne pas me soucier du regard des autres et d'avancer dans ma compréhension du monde et des hommes qui le composent. Ça fait un gros point nodal...

Le monde irait mieux s’il y avait plus de... ? Moins de...?
DR : Plus de contre-pouvoir, de danseurs et de danseuses, d'oiseaux de nuit... Moins d'oligarques, de policiers, de policières, de Jean-François Copé...

Le monde va comme il est c’est tout, on doit se battre dedans ?
DR : Certes

Qu’est-ce que ça te fait de passer ainsi ta vie dans les vents contraires ? On s’y sent plus seul ? Moins seul ?
DR : Je passe ma vie à avancer contre des vents contraires. J'essaie de tenir droit. Pour l'instant ça marche. Sans vents contraires, on se ferait bien suer...

> Denis Robert contre Bankenstein, feuilleton vidéo sur ventscontraires.net


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Qu’il est moins sûr de changer le monde qu’il y a dix ans, quand il entrait en politique et se faisait élire député européen du parti travailliste ?
Qu’il n’avait jamais rêvé de venir à Luanda (Angola), même en novembre ?
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Qu’il voterait des deux mains l’envoi du contingent sur l’Ouganda qui vient de décréter la prison à vie, et dans certains cas la peine de mort pour les homosexuels, mais aussi trois ans de prison pour les parents qui ne dénoncent pas leurs enfants et la même chose pour les professeurs qui ne préviendraient pas la police dans les 24 heures?

Que l’Ougandais qui parle à quelques rangées de lui dans cette assemblée sans pouvoir réunissant représentants de l’Afrique, des Caraïbes et de l'Europe, il lui mettrait volontiers  son poing dans la figure ?  
Que le Malien qui défend l’Ougandais, au motif que la Suisse proclame chez elle l’interdiction des minarets, va s’en prendre une lui aussi ?
Que celui d’à côté qui dit que l’homosexualité est un crime contre l’humanité, il va lui montrer ce que c’est qu’un crime? Difficile à dire ce qu’il pense.
Finalement il se lève et déclare : « Je  m’appelle Michael Cashman, je suis député britannique et je suis homosexuel ».


 
 Auteurs maison 
Le 06/11/2015
Chez nous, en Auvergne
Toute activité humaine génère sa part de déchets. Prenons le cas des volcans par exemple. Autrefois, ils n’hésitaient pas à nous balancer quantité de trucs sur la tête, blocs composites noirs et autres coulées de produits dégeulasses et juteux. Chez nous, en Auvergne, nous avons décidé de prendre notre revanche contre ces cavités qui ne servent plus à rien, par la mise en place d’une gestion des déchets engendrés par leur accumulation dans nos cratères vides : papier, carton, verre, plastique, métaux. En effet, l’accroissement démographique de la société de consommation a multiplié la quantité de déchets pour atteindre 480 kg par an. Qu'ils soient industriels ou ménagers, organiques ou métalliques, ils peuvent donc être stockés sans problème dans nos cratères absolument vides, dont la béance inutile permettra de régler une fois pour toutes la question des déchets. Les risques d’une reprise d’activité sont faibles, cependant un réveil de type nourrisson (n’importe quand en pleine nuit) peut se produire. Le renvoi des déchets représente un risque sanitaire puis énergétique et enfin environnemental. C’est pourquoi cette solution est déjà un premier pas vers un développement écologique et durable.
 
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