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Auteurs maison

Stéphane Guérin
Gai mariage
Évidemment je suis pour le mariage gay, la vraie question c'est de savoir si Robert Pattinson me dira oui.
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 Auteurs maison 
Le 13/05/2010
Petit poème à un euro
J'ai bu une bière à deux euros
J'aurais pu boire deux bières à un euro
Ou même quatre bocs à cinquante centimes d'euros
Ou même encore dix dés à coudre à dix centimes d'euros
Mais je ne suis pas couturière
Je suis livreur de viande chez Torchon
Je pourrais livrer des fraises
Ou même des melons
Ou même encore des pyramides
Mais je ne suis pas Napoléon
Mon prénom c'est Léon

 
 Auteurs maison 
Le 15/08/2013
De qui se moque-t-on?
2. Le ciel
Le ciel ! Mes amis, le ciel ! Alors nous serions condamnés à avoir le ciel toujours au-dessus de nos têtes, et personne pour y trouver à redire ! Personne pour s’en offusquer. Nous levons les yeux, et quoi ? Le ciel ! Et pas juste un coin, juste un angle, non, sur toute l’étendue, le ciel, d’un bord à l’autre, et peut-être même au-delà ! Voilà encore un fait accompli, une donnée brute dont nous sommes supposés nous accommoder froidement et sans broncher. Oh l’ennui pourtant de ce ciel toujours là et pas si changeant qu’on le dit ! Et que faire d’autre que lancer des plaintes dans cet abîme bleuâtre et sans matière où elles se perdent d’ailleurs irrévocablement ?      
Sans matière, car on ne saurait tenir pour consistant le mol nuage qui stupidement navigue dans ces hauteurs, affectant la forme d’un marabout puis d’un bout de ficelle puis d’une selle de cheval puis d’un valet de pique, et crève soudain en pluie crépitante sur nos crânes qui ne sont pas des têtes de canards mais qu’une virile calvitie bien souvent – conséquence de la surchauffe cérébrale nécessaire à l’élaboration de nos conceptions les plus hardies et de nos philosophies les plus amères – livre nus, sans autres nageoires que nos oreilles si peu étanches que nous n’ignorons rien de ce qui se murmure sur notre compte, à ces inondations.      
Rien de bon ne nous vient du ciel : ni la grêle, cet iceberg en grenaille, ni la contondante météorite, ni la foudre qui nous rôtit debout dans la ficelle de nos strings, ni les bombes, ni le guano, ni la colère de Dieu.      
Et la manne ? me direz-vous.      
C’est vrai, il y a la manne.      
Il y a la manne, en effet. À quoi bon se charger d’un panier de victuailles pour pique-niquer dans la campagne alors que nous pouvons compter sur la manne, la munificente pluie de manne qui ne manquera pas de tomber sur nous, dans nos bouches grandes ouvertes, dès que nous aurons faim, après quoi, nous nous offrirons une bonne sieste digestive au pied d’un chêne, les mains croisées sur nos ventres rebondis ?      
Il se trouve que, par une suite de hasards malheureux, sans doute, une déveine à peine croyable, je n’ai jamais été personnellement gratifié d’une pluie de manne.      
Jamais, et vous comprendrez que cette mesquinerie à mon égard conforte mon dépit et la haine que le ciel m’inspire. Et la perspective de devoir y séjourner après mon trépas redouble encore mes préventions envers la mort – nulle envie pour ce qui me concerne d’errer parmi les nuées pâles et les vertiges dans l’éblouissement d’une aveuglante clarté.      
Alors, que faire ? Je ne vois qu’une solution : plafonnons ! Plafonnons partout, sur toute l’étendue. Poursuivons l’œuvre admirable entreprise dans nos maisonnettes individuelles. Bâtissons des plafonds entre les plafonds, relions les plafonds jusqu’à ne plus voir le ciel avide de nos âmes et de nos pensées. Œuvrons à ce monde sans ciel où nous irons, tête nue, sous l’abri solide de nos charpentes, émus depuis nos voûtes plantaires par la douceur nouvelle des choses.
 
 Auteurs maison 
Le 23/12/2014
Return of the repressed
Il frappa à la porte vers minuit. Son père vint lui ouvrir et le fit entrer. Sa veste était en lambeaux, son pantalon usé jusqu'à la corde. Le père lui demanda: « Qu'as-tu fait de la fortune que je t'ai donnée ? » Le fils avoua qu'il avait tout claqué dans les fringues, la drogue et les clubs à Ibiza, mais il ne regrettait rien, car cette longue descente aux enfers lui avait permis de faire son coming out. Le père se tourna alors vers sa femme et lui demanda : « Doit-on considérer ce retour comme celui du refoulé ou bien celui du fils prodigue ? »
 
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