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theatre du rond point vents contraires
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Christophe Esnault

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Le 28/09/2014
 
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Le 14/02/2014
Merde à la Saint Valentin (le clip)
Le Manque t'offre une bonne idée de cadeau pour la Saint Val...
 
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Le 19/01/2013
Nietzsche m'a tout piqué
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour lui-même...
 
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Le 02/01/2013
J'aime les putes
Texte écrit en collaboration avec Isabelle Guilloteau
Au lieu de consulter les psychiatres, les politiques feraient mieux de s'adresser aux prostituées. Plus précieuses que les économistes, plus utiles que les conseillères du Pôle emploi, elles consolent les hommes entre leurs cuisses, les soignent avec leur bouche. Au lieu de les bannir, de les stigmatiser, de les pousser sur les périph' et dans les sous-bois, ils feraient mieux de leur donner des droits. Techniciennes de l'amour et du plaisir, elles maîtrisent la plus sûre des sciences. Âmes attentives, elles écoutent ceux que plus personne n'entend. Je sais l'abjection de l'abattage et des vies mutilées par les trafics ignobles. Mais à côté de cet immonde esclavage, il existe des putes libres et fières d'être putes, qui revendiquent ardemment leur place dans la société. J'aime les putes émancipées et militantes qui marchent tête et talons hauts sur les traces de Grisélidis Réal. Moins exploitées que la caissière, moins avilies que l'ouvrière, par leur liberté et leur pouvoir elles insupportent les consciences serviles. J'aime les putes, tellement plus progressistes que les pseudo-féministes ; et j'abhorre les abolitionnistes qui prétendent défendre les femmes, mais nient aux prostituées le droit de disposer de leur propre corps. J'aime les putes, tellement plus femmes que celles qui ont signé pour un seul client. Et qui d'ailleurs les baisent souvent très mal.
 
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Le 30/11/2012
Romanciers, élevés en batterie
Vous lisez des romans
Vous lisez des romans (ou pire, vous en écrivez). On ne peut pas vous attacher à la pierre, on ne trouve à peu près rien d’autres sur les tables des libraires. Nous sommes au XXIème siècle (enfin il semblerait…), mais ce qui est jeté dans votre auge est quand même très XIXème (narratif, chapitré (par ailleurs souvent plan-plan, délicieusement ennuyeux ; plus cela caresse le besoin des lecteurs et plus la langue est pousse-cailloux. Vous lisez des romans et leurs auteurs ne risquent en rien d’être assassinés pour leur « travail », rien ne parvient à effaroucher l’octogénaire la plus réactionnaire, pas même les grumeaux du style. Le genre (le sacro-saint roman) est à bout de souffle. Juste un produit « économiquement rentable » pour lequel il n’y a plus rien à attendre. Je pourrais en écrire une dizaine et je ne me distinguerai en rien des auteurs que je bichonne au chalumeau. Le roman qui n’explose pas les codifications du roman (relire Sterne, Delteil, Vian…) ne mérite pas d’être soulevé. Vous me trouvez excessif, revenez dans deux siècles, l’histoire littéraire aura gommé indifféremment tous les auteurs qui aujourd’hui (grâce au lumignon bienveillant des meilleures chroniqueuses ou aux spots de la critique consanguine) se prétendent stupidement être des écrivains.
 
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Le 07/07/2012
Jaloux de ta psychose
Un homme sous surveillance
 
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Le 26/06/2012
 
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Le 30/04/2012
Le concasseur
Prenez soin de votre névrose
Il se levait chaque jour à sept heures pour aller enfiler un gilet À fond la forme. Faire le guignol toute la journée pour vendre des chaussures de randonnée et des tentes deux secondes. Le magasin était un incroyable vivier à filles, mais il était trop idiot pour en séduire une seule. Il pensait à se suicider du matin au soir. N’avait pas baisé depuis deux mille ans et Cioran était le seul à le faire encore rire. Dans la réserve, un concasseur réduisait indifféremment cartons et tables de ping-pong. Un matin où il ne voulait plus supporter sa vie de cadavre, il monta dans la benne. Attendit que quelqu’un vienne appuyer sur le bouton. Deux, cinq, dix minutes. Il ne sait plus. Finalement, il reprit place dans son rayon.
 
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Le 24/03/2012
La radine
Prenez soin de votre névrose
Lorsqu’elle va au café avec des amis, elle ne commande jamais rien. Les cadeaux qu’elle offre quelquefois lui ont précédemment été offerts ou bien ce sont des livres ou des objets qu’elle a obtenus gratuitement. Pour la nourriture, les pâtes premier prix lui vont très bien. Ce n’est pas utile d’y ajouter une sauce ni même du beurre, elle les aime comme ça. Elle ne mange rien d’autre. Par moins dix degrés, elle n’allume pas le chauffage. Les vêtements qu’elle porte lui ont été donnés, mais le plus souvent elle s’habille au secours catholique. Pas qu’elle soit pauvre, car elle gagne correctement sa vie. Si elle envoie un courrier postal, c’est en tarif lent bien sûr… Elle dit parfois à certains de ses proches qu’elle a dix-huit années de psychanalyse derrière et qu’ils feraient bien eux aussi de régler leurs problèmes. Elle n’a jamais payé une séance, elle tend juste sa carte vitale à sa psychiatre. Elle est une grande amatrice de spectacles, si elle est invitée. En décembre, lors de la période des calendriers, elle ignore les coups de sonnette. Elle se procure du papier toilette quand elle va à la médiathèque ou chez des amis. Partir en voyage ne la tente absolument pas. Elle a trouvé un compagnon qui habite à côté de chez elle, c’est plus pratique.
 
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Le 25/12/2011
Votre grande frustration
Prenez soin de votre névrose
Vous consultez psychiatres et psychanalystes depuis une quinzaine d’années. Vous interrogez vos périodes d’abattement, vos ratages. Analysez au scalpel votre relation à votre mère. Vous saluez la finesse d’esprit et la clairvoyance de votre analyste. Vous vous extasiez sur l’énonciation d’un lapsus révélateur survenant lors d’une séance particulièrement éprouvante. Vous avez déterminé les sources de vos angoisses en replongeant dans des périodes enfouies et déterminantes de votre petite enfance. Votre vie est moins douloureuse qu’autrefois. Mais au fond de vous, quelque chose vous désole : vous n’avez pas eu la chance d’être un heureux psychotique.
 
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Christophe Esnault

Né en 1972. Réside en Neuroleptie. Ecrit comme un insuffisant respiratoire cherche de l’air… Traumatisé par les innombrables lectures du sublime  4.48 Psychose de Sarah Kane. Co-parolier et filmeur du groupe Le Manque. Un livre paru : Isabelle à m'en disloquer aux éditions Les doigts dans la prose.

http://lemanque.free.fr/

 

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