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theatre du rond point vents contraires
Revue en ligne du
Yorick Sirdon

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Le 28/06/2012
Misogynie à part
Sale temps pour le féminisme ! Tout a commencé avec Boutin qui voulait lâcher une bombe. Finalement ça a fait pshitt, mais tout porte à croire que ça va laisser des traces. Puis, plus récemment, un fossile a déclaré que pour le perchoir, on ne donnait pas le poste à la taille de la jupe, à savoir : la plus courte. Non madame, jusqu'ici, c'était à la taille de la queue. Sur le même critère, oui oui. Et les femmes de nous rendre sans cesse notre belle cause plus difficile ! Royal, cette pauvre femme. Femme bafouée, femme humiliée, mais femme libérée ! Seulement, sa position favorite ne figurant pas dans le kama sutra (la position de la victime) elle vit mal son célibat. Et Morano ? Elle, elle a une amie plus noire qu'une arabe ! Elle n'a pas précisé si elle avait un disque de Sydney Bechett. Morano à la lanterne ! Bon, cela dit elle n'a rien à y faire, à la lanterne, vu que c'est pas une lumière. Et la niaise, la nièce, pardon, de Marine ? Maréchal, la voilà ! Ça ne s'invente pas. Un physique qui donne des envies de se circoncire à l'opinel. Non, je ne suis pas misogyne, mais il est vrai que ces derniers temps, j'ai le fantasme politique en berne et j'en arrive à désirer mettre, pardon, Maître Collard. Avec du citron et du tabasco. Cet avocat, j'en ferais bien du guacamole. Cela dit, lui et tous les Copé, les Guéant, et symétriquement à gauche, nous rappellent sans cesse que la connerie n'a pas de sexe. Ce qui ne semble pas l'empêcher de se reproduire.
 
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Le 11/06/2012
Le foot c'est de la bombe
L'Euro de football vient de commencer et c'est heureux. On a les jeux, manque plus que le pain. Et puis on va enfin pouvoir, en toute bonne foi, soutenir les couleurs de notre beau pays et beugler « on a gagné ! » même si on a raté sa vie. Je ne fais jamais la fine bouche pour une coupe, j'y vois les promesses de bacchanales débridées, quelque soit le résultat du reste, n'étant pas moi-même un fervent patriote. Ni un grand supporter. On dit beaucoup de bien du football, citation de Camus à l'appui : « Ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c'est au football que je le dois. » Loin de moi de vouloir pervertir les belles pensées attribuées à Camus, car le football, c'est le dépassement de soi, l'esprit collectif, tout ça... Mais j'ai envie d'en citer une autre de lui, parue dans l'édito de Combat au lendemain d'Hiroshima : « On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. » Entrevoyait-il avant tout le monde la descente de Nantes en ligue 2 ? Je n'en suis pas certain. Le football c'est aussi la lutte sans merci ni "s'il vous plait" pour la victoire entre deux camps irréconciliables, l'absolutisme d'un morne arbitre en chemise noire, des enjeux de pognon considérables, et j'en passe. L'Euro a lieu en Pologne et en Ukraine. Le pays de Tchernobyl, ce qui n'a aucun lien.
 
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Le 28/05/2012
Postériorité
Quand on y pense un peu sérieusement, c'est-à-dire dans la perspective du post mortem, il n'y a pas d'orgueil à tirer d'être très belle et remporter le concours Miss France, car au final, c'est pas beaucoup plus glorieux que d'être très intelligent et remporter une partie de scrabble. Vous allez peut-être opposer que certains, de fait, « survivent » à la mort, et là je ne parle pas de divine dérogation, mais bien de postérité. Faut voir. Attila, l'homme qui fit tant trembler l'Europe, n'a-t-il pas aujourd'hui une réputation que peut lui disputer le moindre désherbant ? C'est pourquoi tous ces hommes qui s'enivrent des vertiges que leur procure la hauteur des cimes du pouvoir que par d'habiles manigances leur outrageuse ambition leur a permis de conquérir devraient y aller mollo dans la superbe. Au sommet, pointu qui pis est, de toute pyramide, on est jamais assis que sur son cul, et ce, quelque soit la tête sur laquelle il repose. Notez que je me passerai de tout jeu de mot douteux basé sur une quelconque homonymie avec notre ancien premier ministre. Cruel mirage que le pouvoir du tyran qui s'exclame : « Mon royaume pour un cheval ». Avec du recul, quelle déchéance ! Tout ce sang versé pour un cheval ! Moi, personnellement, j'aurais demandé une Harley. A la décharge des mégalomanes, qu'y a-t-il à recycler ? Qu'on peut nourrir des ambitions, si risibles soient-elles a posteriori, car si l'espoir fait vivre, le ridicule, lui, ne tue pas. Enfin, ne tue pas celui qui l'est.
 
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Le 18/05/2012
Tour du monde à domicile
Est-ce le Sacré-Coeur ou bien un Taj Mahal extradé des Indes mogholes qui veille sur la rumeur des marchands ambulants de Barbès ? Dur à dire. Quartier Château rouge, on ne sait plus si c'est la mousson congolaise ou une giboulée tardive qui coule le long des caniveaux de la rue des poissonniers. La douce lenteur d'une croupe éléphantesque vient rompre la cadence toute militaire du pas du parisien égaré qui, pour le temps d'une volute d'encens, devient Marco Polo ou Alice aux pays du livre des merveilles. Qu'un vieux vaudou jette d'un doigt tremblant une malédiction sur le caissier effaré d'une épicerie exotique et le doute n'est plus permis, on est sous des tropiques qu'épargnent les canicules. Qu'une princesse nubienne vienne à croiser la route du promeneur blasé sur l'air de kompa échappé d'une boutique de perruques et c'est un rhum hors d'âge qui coule dans ses veines. Flânez les gens, ici, le rêve est de rigueur, même si le sommeil se marchande, parfois. Un car de CRS fait des avions sans papiers. Monte là-dedans, tu ne verras plus Montmartre. Le monde ne peut accueillir toute la misère du monde. Taj Mahal mon cul, soyons lucides, welcome to réality. C'est bien le Sacré-Coeur, et il est de pierre. Le Parisien peut reprendre son pas cadencé en se persuadant que c'est un point de côté qui le meurtrit, pas un pincement au coeur. L'homme africain, lui, ressort de l'Histoire pour regagner ce continent qui, à en croire certains, nous a tous vu naître.
 
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Le 06/05/2012
J'aime ce James
Chez vous l'indice... Top ! Guitariste et chanteur américain, je suis né à Seattle et mort à vingt-sept ans. Je suis un génie, je suis gaucher, je suis, je suis, je suis ? Non, pas Kurt Cobain, soyons sérieux. Encore moins Julien Lepers ! N'importe quoi ! C'était Jimi Hendrix ! On n'avait pas vu pareille révolution dans le monde de la guitare depuis que Tarrega s'était coupé les ongles. Vous allez me dire, Hendrix, c'est plein de fausses notes, ses solos. Vous avez tort. Il n'y a pas une seule fausse note dans toute son oeuvre, il n'y a que des licences poétiques. Alors vous allez me dire qu'une fois sur deux, il chante à côté du micro, et que quand il chante dedans, il chante faux. Et alors ! Que m'importe que Monica Bellucci ait un orteil tordu quand je ne regarde que son décolleté ? Si on n'a pas réalisé de chef-d'oeuvre à vingt-sept ans, on a raté sa vie, n'a pas dit Séguéla, preuve que ce constat doit vraisemblablement être véridique. En ce qui me concerne, pas un chef-d'oeuvre en vue alors que ça va quand même faire vingt-huit ans que je vais sur mes vingt-huit ans. Vous allez dire que j'ai pris mon temps, et que qui va lentement va sûrement. Justement, c'est pas faux et j'ai bien peur de dépasser bredouille Hendrix dans la longévité, un de ces quatre. Du coup, aux soirs de biture, je me couche sur le dos en croisant les doigts pour enterrer dans un oubli posthume ma médiocrité. Enfin, Hendrix, lui, ne mourra jamais vraiment, car c'est un génie, et quand on crie au génie, il y a cryogénie.
 
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Le 21/04/2012
Spleenons
Quand elle me prend dans ses bras, qu'elle me parle tout bas, je vois la vie en gris, ma fidèle compagne, ma déprime. Un jour on se réveille et tout est triste : c'est la dépression, on est nervous breakdown. On fait bouillir le café du bout du nez, tout est foutu, vanité des vanités, cette corde est trop courte, ce lustre trop fragile, ce troisième étage crie tétraplégie, tout est contre nous. Qui plus est, en toute lucidité, on le sait, c'est médicalement presque prouvé, la dépression est un virus de l'âme qu'il ne faut pas cracher aux visage des autres. J'irais plus loin, c'est une gastro de l'esprit. Un rien nous fait chier. Cachez ces couleuvres que je ne saurais avaler, vous me faites tous vomir ! Que fait Dieu, grand architecte à la retraite (ne parlons pas de ses annuités), je vous prie ? Lui seul le sait. Un jour que j'avais cru comprendre qu'un de mes ennemis (trop nombreux malheureusement, et oui, je suis aussi paranoïaque) était mort, je me suis écrié : « Dieu existe ! » En fait, Dieu n'existe pas, et cet homme vit encore à l'heure où j'écris ces lignes. Enfin bon, Dieu existera sûrement un jour, après tout, nul n'est éternel. Le bonheur, quittant à pas feutrés le domaine des souvenirs, s'est glissé sournoisement au milieu d'autres hypothèses improbables qui hantent mon subconscient, il gît désormais entre l'amour et la justice. A cela, il n'est point de remède. Au jour de l'entretien Pôle emploi, je n'ose m'indigner auprès de ma conseillère de peur de la contaminer. Qui osera nier ma philanthropie ?
 
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Le 17/04/2012
Ce qui fait chanter les abeilles
Un jour, on entend une féministe évoquer la forme phallique des buildings new-yorkais et on se dit que les termites doivent être de sacrés phallocrates. De la sociologie à l'entomologie, en effet, il n'y a qu'un pas, que les réactionnaires refusent de faire sous prétexte que l'homme n'est pas un animal comme les autres. Pourtant le triste sort des insectes devrait interpeler notre fibre humaniste. Prenez les abeilles. Toutes ces ouvrières qui triment dans les champs pour une caste de larves oisives et une reine aussi grasse qu'ingrate, même pas élue au suffrage universel, ça fout le bourdon. On les met en face de frelons venus d'Asie, mais elles, elles ne font pas le poids. Ajoutez à cela la précarité de leurs logements -que dis-je, leurs cellules !- on est carrément dans le surréalisme ! Et leur véhicule de fonction ? Quatre ailes, enfin, c'est ringard ! Et que fait Mélenchon ? Rien ! Ça veut tout dire ! Ah, nul doute que si elles tricotaient des sous-vêtements pour Lejaby, elles auraient voix au chapitre de l'insurrection citoyenne, les abeilles. Mais non. Pourtant, si les larmes de ces petites victimes du plus vil royalisme se mêlaient à leur pollen, nul doute que le miel produit aurait le goût de bouchon si amer du cérumen. En tout cas, personnellement, j'ai beau ne pas sortir de St Cire, je considère que l'organisation sociale de ces insectes est un vestige du passé que la marche de l'Histoire aura tôt fait de balayer. Les pesticides m'en soient témoins.
 
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Le 05/04/2012
 
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Le 28/03/2012
La guerre des roses n'aura pas lieu
Voici un petit extrait de mon essai intitulé : L'amour de A à z. Comprenez, de l'Amour avec un grand A des tragédies shakespeariennes aux zamours avec un petit z, où les idylles merdiques de nos semblables exposent sur un plateau ce qu'elles ont de plus banal et triste. La rose, depuis que l'homme est homme et la femme sa femme, est le symbole de l'amour par excellence. La rose qu'on m'a vendue dans un bar, cette vesprée, ne transige pas à la règle. Plus inodore qu'un verre d'eau du robinet, elles est à l'image de mes passions insipides. Comme si, à les côtoyer, elle en avait pris le parfum. Afin de ne pas me faire mal, on a pris soin d'en enlever les épines. Qui voudrait d'une fin à la Roméo et Juliette, ce couple qui n'a, à y regarder de près, rien de meetic ? La pauvre fleur sue sous un tel carcan de plastique transparent que les plis de sa robe pourprée étaient déjà fanés avant même qu'elle fût offerte. La plupart du temps, le Cupidon qui les propose, pauvre hère, est accueilli avec la mine de cent pieds de long qu'on réserve d'ordinaire à un huissier de justice sadique. On ne voudrait pas se faire offrir ce genre de rose, pas même lors de l'entretien d'embauche de sept minutes d'un speed dating, pour lequel on a investi ce qu'on avait de meilleur en nous, un peu d'argent. Je suis un célibataire exigeant. Pléonasme ? Mais non, moi aussi, Monsieur, j'ai droit au bonheur d'un CDD au SMIC de vie sentimentale. La patronne du MEDEF, nouvelle Ronsard, l'a dit : aujourd'hui, même l'amour est précaire.
 
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Le 18/03/2012
 
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Yorick Sirdon

Je suis né à Nantes le 21 août 1984. S'ensuit une enfance absolument quelconque qui me mène directement à une adolescence marquée par une pyromanie maladive, canalisée tant bien que mal par mon tabagisme excessif. Après un cursus universitaire en Histoire contemporaine, je me sens à même d'analyser les raisons structurelles pour lesquelles je suis actuellement au chômage.

 
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