Rechercher 
 
theatre du rond point vents contraires
Revue en ligne du
Jean-Michel Ribes

En savoir plus sur l'auteur
 
 Vedettes etc. 
Le 22/06/2017

Inventer le réel
Rire de Résistance / saison 11
La réalité est-elle l’accomplissement de nos rêves, la concrétisation de nos désirs ou l’évolution implacable d’un déterminisme planétaire qui  nous emprisonne ? La barbarie est-elle la réalisation de nos cauchemars que tâchent d’effacer nos rêves de progrès, de justice et de beauté en faisant naître l’écologie, les droits de l’homme, Mozart, Hugo ou Matisse, ou sommes-nous condamnés à perpétuité à nous agiter dans la forteresse d’une destinée inéluctable, sans espoir de s’en évader, fracassant nos utopies contre ses murailles de certitudes ? Libres d’agrandir la vie en inventant un réel désiré par nos songes ou se résigner à accepter une fatalité inamovible, ordonnant nos existences selon un schéma préétabli. S’il est un endroit où le rêve est fécond c’est le Théâtre, petit lieu où sont nées de grandes idées, la démocratie et la liberté d’être soi entre autres. C’est sur sa scène que la parole du poète dit son rêve du présent et son désir d’avenir brisant les ténèbres qui s’accumulent, en anéantissant la fatalité du populisme. Au Rond-Point, cette saison encore plus que les précédentes, nous avons décidé d’augmenter nos rêves et les vôtres. La Ministre de la Culture et la Maire de Paris ont souhaité que je poursuive pendant les cinq prochaines années la mission que m’avaient confiée Bertrand Delanoë et Catherine Tasca en 2001, célébrer la vivacité de l’écriture dramatique d’aujourd’hui en la partageant avec le plus large public. En les remerciant j’ai accepté leur demande. Continuer à conduire le Rond-Point accompagné d’une équipe exceptionnelle avec l’audace joyeuse d’un bateau pirate, c’est un rêve !
Jean-Michel Ribes
 
 Auteurs maison 
Le 31/05/2017
 
 Auteurs maison 
Le 25/05/2016
 
 Auteurs maison 
Le 12/10/2015
Football
En français  "foutbaule" ou "foute". Sport de ballon joué essentiellement avec les pieds qui oppose deux équipes de joueurs en short dont le but est d'en marquer. La simplicité des règles du football, doublée du fait que les inventeurs de ce sport ont eu l'excellente idée de donner des maillots de couleurs différentes à chacune des deux équipes qui s'affrontent pour qu'il soit impossible de les confondre, a permis à la presque totalité des humains de comprendre globalement ce sport devenu en moins de cent ans le plus populaire de la planète. Certains y voient un formidable progrès du vivre ensemble de l'humanité, d'une fraternité mondiale d'émotions partagées, d'autres considèrent que cet engouement planétaire pour ces vingt-deux individus qui se disputent un ballon sur l'herbe est un signe alarmant du rétrécissement du cerveau humain qui pourrait expliquer, entre autres, les élections d'Hugo Chavez, de Georges W. Bush ou le bon score de Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2012. Beaucoup ont dit ou écrit que le succès phénoménal du football s'expliquait par le fait qu'il remplaçait peu ou prou la guerre dont les hommes ne peuvent se passer. Il est vrai que, lorsque deux pays se livrent bataille à coups de tanks et d'avions de chasse, il est rare qu'en plus ils jouent au football entre eux. Il est également vrai qu'en temps de paix la seule possibilité d'exprimer sa haine pour l'Allemagne ou l'Angleterre est de leur coller un terrassant 4-0 qui les humiliera beaucoup plus que l'invasion de leur pays par les plus alertes de nos divisions aéroportées. Par ailleurs, on remarquera que le vocabulaire guerrier est souvent identique à celui du football : attaquant, défenseur, tir, division, capitaine, blessé, etc., sans oublier les hymnes nationaux qui sont joués avant chaque rencontre internationale, pour rappeler à ces valeureux soldats à chaussures à crampons que le sort de leur patrie est dans leurs pieds. De plus — est-ce une coïncidence ? —, l'on ne peut ignorer que le succès grandissant du football féminin va de pair avec l'augmentation du nombre de femmes qui s'engagent dans l'armée. Ces hypothèses peuvent être validées ou combattues, ce qui par contre ne peut être contesté, c'est la place despotique qu'occupe le football dans les médias. Je ne parle pas ici de la retransmission des matchs qui ne se répand à la radio ou à la télévision qu'à la juste proportion de la passion qu'ils déclenchent auprès du public, je veux évoquer les interminables commentaires, interviews, analyses (de plus en plus psychologiques, voire philosophiques!) de joueurs, entraîneurs, supporters, présidents de clubs, etc. Nos ondes sont envahies jour et nuit de : "Le groupe est très solide", "Je sais que quand les défendeurs défendent et que les attaquants attaquent, on est sur le bon chemin", "Le foot, ah! c'est un peu comme la vie, rien n'est jamais gagné", "Ma devise : respecter l'équipe d'en face", "Nous avons perdu, mais le collectif a gagné", "Pourquoi Kractucovic a occupé pendant tout le match le couloir droit alors que c'est un gaucher. Pourquoi?!", "On est passés très près de la correctionnelle mais on s'est repris, on les voulait plus que tout, ces trois points", "Je ne dirais pas que c'est une punition, je dirais qu'on a eu ce qu'on mérite", "On a tout donné et ça n'a pas suffi", "Ce sera avant tout un défi physique", "On a le sentiment qu'ils vous ont pris à la gorge dès le début", "C'est surtout pour ma famille que j'ai marqué ce but", "Ils ont été plus forts, c'est tout", "Pardon, je vous coupe, mais je suis à côté d'Ahmed Sarzi", "Rien à dire, dans l'ensemble, rien à dire", "Ils ont fait la fête toute la nuit sur la grand place de la ville où plus de cent mille supporters en délire les attendaient", "Vous savez, un joueur, c'est bien sûr un sportif, mais, on l'oublie trop souvent, c'est surtout un homme"... Le bombardement de niaiseries proférées sur un ton de cause nationale que nous subissons quotidiennement à travers les médias est une pollution infiniment plus néfaste pour notre santé mentale que n'importe quelle fissure dans une centrale nucléaire... Nous sommes dangereusement irradiés par le commentaire sportif. Et ne parlons pas des obsèques réservées au moindre commentateur de football : le deuil est national ! Celles de Victor Hugo, à côté, ont été de la "roupie de sansonnet". Le béton des stades prolifère, les meutes de supporters enflent, les matchs contenus autrefois le temps d'un week-end envehissent la semaine. Les conversations sans football disparaissent les unes après les autres, les riches s'achètent des équipes, les pauvres tapent dans des boîtes de conserve pour marquer des buts, c'est la fin... Mon Dieu ! Mon Dieu ! Vivement que l'Iran nous déclare la guerre ! Les Mots que j'aime et quelques autres, Points 2013
 
 Auteurs maison 
Le 18/02/2015
 
 Vedettes etc. 
Le 08/01/2015
 
 Auteurs maison 
Le 26/12/2014
Les rois se reproduisent, les papes pas
Les nouvelles aventures de l'Histoire de France
 
 Auteurs maison 
Le 04/11/2014
Qu'importe le flacon
Article paru conjointement dans Le 1 n°30

Hier, au comptoir d'un bistrot parisien quai des Célestins, un Américain, médecin de son état, amoureux de Paris et des vins français, m'expliquait avec un accent yankee que le chablis dont il s'abreuvait faisait chanter ; qu'il y a quinze ans, quand il venait à Paris, personne ne comprenait l'anglais et qu'aujourd'hui tout le monde le parle. « Tu es content ou non ? ». A vrai dire, la langue m'importe peu, c'est ce qu'elle véhicule qui m'importe. Si parler anglais rend plus intelligent, parlons anglais. Si l'italien et l'espagnol, mêlant leur vocabulaire au nôtre, nous permettent de mieux dire l'amour de l'art ou l'amour tout court, accueillons-les à cœur ouvert. Si la grammaire allemande s'empare de la nôtre, nous permettant ainsi de mieux exprimer les tréfonds de notre âme, vive l'allemand. Une langue, c'est d'abord l'esprit. Si une autre vient l'enrichir en pensée, l'échangisme me semble salutaire. Quelques mots d'arabe par exemple dans le dernier livre de monsieur Zemmour auraient rendu son français moins odieux. Pas d'inquiétude. Que les puristes, les intégristes du Littré se rassurent, notre langue dès qu'elle est lumière n'a besoin d'aucune frontière pour la protéger. Rabelais, Racine, Nerval, Queneau, Guyotat et quelques autres s'en chargent, rappelant à tous qu'elle aide à vivre les hommes. Cet article est paru
dans le n°30 de l'hebdo Le 1
partenaire de ventscontraires
et du Théâtre du Rond-Point
 
 Auteurs maison 
Le 01/10/2014
 
 Auteurs maison 
Le 04/07/2014
Epistole
Conversation de bureau
pour Jean-Claude Grumberg VIVIEN. Mon cher Paul, je vous écris de...
PAUL. Vous pouvez parler plus distinctement.
VIVIEN. Pardon ?
PAUL. Vous n'articulez pas.
VIVIEN. Je n'ai aucune raison d'articuler. J'écris.
PAUL. Oui mais vous écrivez tout haut.
VIVIEN. Et alors ?
PAUL. Et alors je vous entends.
VIVIEN. Eloignez-vous.
PAUL. Pourquoi puisque c'est à moi que vous écrivez ?
VIVIEN. Si je vous écris Paul c'est pour que vous me lisiez pas pour que vous m'entendiez.
Un temps.
PAUL. Vivien, je peux savoir pourquoi vous m'écrivez au mois de mars ?
VIVIEN. Je vous l'explique dans ma lettre.
PAUL. Vous ne l'avez pas encore écrite.
VIVIEN. Non mais je sais ce qu'elle contient.
PAUL. Si vous le savez pourquoi vous ne me le dites pas ?
VIVIEN. Parce que ce n'est pas la même chose.
PAUL. Quoi ?
VIVIEN. Dire et écrire.
PAUL. Ah bon !
VIVIEN. Rien à voir.
PAUL. Quand vous écrivez vous n'employez pas les mêmes mots, les mêmes verbes, les mêmes accents que ceux que vous utilisez pour parler comme en ce moment...?
VIVIEN. Si mais ils n'ont pas... comment dire... le même poids, la même densité et peut-être pas la même signification.
Un temps.
PAUL. Vous m'écrivez en anglais ?
VIVIEN. Non, mais je vous écris avec la main alors que je vous parle avec la langue.
PAUL. Oui ça je vous remercie.
VIVIEN. Et comme vous avez dû le remarquer la langue est un morceau de chair très court, très innervé et donc très vif, qui remue dans tous les sens ce qui a pour conséquence qu'elle ne dit pas toujours précisément ce qu'on souhaiterait qu'elle dise. De plus le fait qu'elle soit placée dans la boîte crânienne, c'est-à-dire très proche du cerveau, ne donne pas le temps à la pensée de refroidir.
PAUL. Je vois. Je dois donc m'attendre de votre part à des propos glacés.
VIVIEN. Maîtrisés disons.
PAUL. Maîtrisés !
VIVIEN. Oui, par la main qui va recevoir l'idée apaisée et fortifiée par le long cheminementqu'elle vient d'effectuer de la tête au poignet ne demandant qu'à s'exprimer avec clarté dans les pleins et déliés de ma plume.
PAUL. Permettez-moi d'en douter.
VIVIEN. Douter ? Douter de quoi ?
PAUL. Que tout ce que vous venez de dire ait du sens. Pardonnez-moi mais comme vous vous êtes expliqué avec votre petit morceau de chair si peu fiable, je doute, oui, que votre discours soit maîtrisé.
VIVIEN. Ne vous inquiétez pas, il l'est.
PAUL. Tiens donc et pourquoi ?
VIVIEN. Parce que je l'avais écrit avant. Vous pensez bien que je ne me serais pas risqué...
Un temps.
PAUL. Et ça ?
VIVIEN. Quoi ?
PAUL. Cette carte postale que vous m'avez envoyée de votre lieu de vacances l'été dernier.
VIVIEN. Eh bien ?
PAUL. LIsez-la.
VIVIEN (lisant). "Mon cher Paul. Ici il fait beau. Je me baigne. J'espère que vous allez bien. Amitiés. Vivien."
PAUL. Vous n'avez pas l'impression que votre pensée se soit un tantinet gourée d'itinéraire ?
VIVIEN. C'est-à-dire ?
PAUL. Qu'elle ait raté le bras et se soit dirigée vers la jambe et que vous ayez fini par écrire avec vos pieds !
VIVIEN. Paul, je vous en prie !
PAUL. Enfin Vivien, ne me dites pas que ces trois lignes insipides sont le fruit d'une réflexion ferme et que vous n'auriez pas pu faire mieux en parlant tout simplement !
VIVIEN. Je ne crois pas.
PAUL. Ne vous fichez pas de moi.
VIVIEN. Je vous assure, je me souviens quand je vous ai écrit ce mot, j'étis sur la plage écrasé de chaleur, incapable de prononcer la moindre parole.
PAUL. Vous n'auriez pas été capable de dire "Bonjour Paul, la mer est belle, je nage...!!"
VIVIEN. Je ne pense pas. Et puis si je vous l'avais dit c'est que vous auriez été là et vous auriez donc constaté par vous-même qu'il faisait beau et que je me baignais... alors à quoi bon le dire.
Un temps.
PAUL. Exact.
VIVIEN. Cela dit je suis touché que vous consreviez les cartes postales que je vous envoie.
PAUL. C'est pour l'image. J'aime les dunes.
VIVIEN. Je l'ignorais.
PAUL. Celle du lézard ou celle du vieux avec la cornemuse je ne les ai pas gardées.
VIVIEN. C'est bon à savoir pour la prochaine fois.
PAUL. Je suppose que vous ne passez pas toutes vos vacances près des dunes ?
VIVIEN. Non bien sûr, mais où qu'on soit si on cherche bien on en trouve toujours une ou pour le moins un monticule sableux, surtout quand on sait que ça fait plaisir... "Mon cher Paul, je vous écris de..." Pardonnez-moi je continue parce que le dernier courrier est à dix-neuf heures et j'aimerais autant vous la poster aujourd'hui.
PAUL. Vous n'allez pas me la donner ?
VIVIEN. Non.
PAUL. Vous n'oubliez pas, j'espère, que je suis assis en face de vous, Vivien ?
VIVIEN. Comment pourrais-je l'oublier Paul ! Vous êtes assis en face de moi depuis quinze ans et trois mois, huit heures par jour, dans le même bureau, avec pour seule interruption quotidienne une halte d'une heure à la cafétéria où la plupart du temps vous parvenez à placer votre plateau en face du mien.
PAUL. Oui mais je ne choisis jamais comme vous ni chou-fleur, ni cabillaud, ni fromage à pâte molle.
VIVIEN. C'est vrai et au mois d'août vous ne partez pas non plus en congés avec moi, mais le reste de l'année nous pissons très souvent ensemble.
PAUL. Jamais face à face.
VIVIEN. Exact, de profil. Vous avez toujours la délicate attention de choisir un urinoir parallèle au mien.
PAUL. Tout cela pour le plus grand bonheur du personnel et surtout de la direction. Vous le savez bien Vivien.
VIVIEN. Que vous me suiviez chaque fois que je vais au toilettes les rend heureux ?
PAUL. Non, que les deux experts-comptables de l'entreprise s'entendent si bien les rassure. Les bons amis faisant les bons comptes. Et c'est au nom de notre relation harmonieuse que je vous demande de...
VIVIEN. Non ! Je ne vous donnerai pas ma lettre ! Une lettre qui n'est pas portée par un facteur à l'aube, dont l'enveloppe n'est pas déchirée avec une légère palpitation cardiaque n'est pas une lettre, c'est un pli, un fax ou bien pire un e-mail ! une suite de mots sans âme destinés à la seule communication.
PAUL. Vous savez ce que je pense, Vivien ?
VIVIEN. Non.
PAUL. Je pense que vous vous apprêtz à m'écrire une lettre d'amour.
VIVIEN. Moi ?
PAUL. Oui vous. Je ne vois pas d'autre explication à vos cachotteries. Vous n'osez ps me dire que vous m'aimez alors vous me l'écrivez.
VIVIEN. Paul vous ne...
PAUL. Pour ma part je n'y vois aucun inconvénient, il y a longtemps que je l'avais remarqué.
VIVIEN. Que je vous aimais ?
PAUL. Oui.
VIVIEN. D'amour?
PAUL. Bien sûr. Je me suis toujours dit un jour ou l'autre ça va sortir. On y est.
VIVIEN. Mais... quand vou sen êtes-vous...?
PAUL. Oh de nombreuses fois, mais je dois dire là où ça a été le plus flagrant c'est lors du dernier bilan.
VIVIEN. Ah bon ?
PAUL. Oui, quand vous avez pris ma main, que vous l'avez posée sur la souris de mon ordinateur et que nous avons cliqué ensemble...
VIVIEN. J'ai fait ça ?
PAUL. Oui, et très tendredment Vivien, très très tendrement.
VIVIEN. Ah...
PAUL. Vous voulez que je vous embrasse ?
VIVIEN. Sur la joue ?
PAUL. Non sur la bouche.
VIVIEN. C'est-à-dire...
PAUL. C'est-à-dire quoi ?
VIVIEN. C'est-à-dire... ça vous ferait plaisir ?
PAUL. Ça n'est pas impossible...
VIVIEN. Mais pas avec la langue Paul.
PAUL. Je ne vais quand même pas vous embrasser avec la main !
VIVIEN. Pour la première fois je préférerais.
PAUL. Vous voulez que j'écrive c'est ça ?! Que j'écrive : "Je vous embrasse !"
VIVIEN. Oui je préférerais que notre premier désir pour moi soit maîtrisé.
PAUL. Il aut vraiment que je vous aime... donnez-moi un stylo bille.
VIVIEN. Un bleu, ça vous ira ?
PAUL. Parfait, allons-y...
VIVIEN. Paul.
PAUL. Oui ?
VIVIEN. J'aimerais autant que vous ne m'écriviez pas sur le papier à en-tête de la société.
PAUL. Vous êtes bien compliqué.
VIVIEN. Comprenez-moi, si vous m'écrivez simcèrement "Vivien, je vous embrasse..." j'aimerais autant que ce ne soit pas sous "Marco Frères, pièces détachées et matériel agricole"'...
PAUL. Bon, alors du papier blanc.
VIVIEN. Merci beaucoup Paul, merci beaucoup.
PAUL. De rien.
(Ils se mettent tous les deux à écrire. Quand ils ont terminé ils plient leur lettre et la placent dans une enveloppe qu'ils cachettent d'un coup de langue.)
Voilà.
VIVIEN. Vous passez près d'une poste Paul pour attraper votre RER ? Je me trompe ?
PAUL. Non.
VIVIEN. Ça ne vous ennuie pas de poster la mienne.
PAUL. Pas du tout de toute façon je dois y  passer pour la mienne.
VIVIEN. Merci... Bien je me sauve.
PAUL. Moi aussi, j'y vais.
VIVIEN. A demain Paul.
PAUL. A demain Vivien.

Paru dans Théâtre sans animaux / Sans m'en apercevoir Actes Sud 2001-2004
 
1 / 9
Suivant
 
Jean-Michel Ribes

Auteur dramatique, metteur en scène et cinéaste, Jean-Michel Ribes dirige le Théâtre du Rond-Point depuis 2002. Il écrit et met en scène une vingtaine de pièces, dont Les Fraises musclées (1970), Tout contre un petit bois (1976), Théâtre sans animaux (2001, recréation en 2012), Musée Haut, Musée Bas (2004) et René l'énervé – opéra bouffe et tumultueux (2011)

Récemment, il signe plusieurs mises en scène : Batailles (2008) co-écrit avec Roland Topor, Un garçon impossible (2009) de Petter S.Rosenlund, Les Diablogues (2009) de Roland Dubillard, Les Nouvelles Brèves de Comptoir (2010), adapté du recueil de Jean-Marie Gourio et L'Origine du monde (2013) de Sébastien Thiéry.

Il écrit et réalise des téléfilms, des séries cultes comme Merci Bernard (1982 à 1984) et Palace (à partir de 1988) ainsi que des films, Musée Haut, Musée Bas (2008) et Brèves de comptoir (2013) qu'il adapte avec Jean-Marie Gourio à partir de son oeuvre éponyme.

Parmi ses derniers ouvrages, citons Le Rire de résistance (2007, Tome I De Diogène à Charlie Hebdo - 2010, Tome II De Plaute à Reiser), un catalogue-manifeste d'insolence, de drôlerie et de liberté. En 2013, il publie chez Points dans la collection Le goût des mots dirigée par Philippe Delerm, Les mots que j'aime et quelques autres.

 
Toutes les rubriques
 
 Accueil
 
 Auteurs maison
884 art.
 
 Vedettes etc.
548 art.
 
 Confs & Perfs
577 art.
 
 Archives
3633 art.
 
 Podcast
175 art.
 
 Presse
65 art.
 

 Contactez-nous 
 
Les podcastsdu Rond-Point
 
Ce site vous est proposé par le théâtre du Rond-Point