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theatre du rond point vents contraires
Revue en ligne du
Macha Séry

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Le 13/07/2015
Echec aux examens

"La femme chic n'est pas nécessairement riche." Ouf...
  "Elle ne serait pas chic si, dans n'importe quelle position, elle ne tenait à offrir à ses invités des plats très soignés, encore qu'elle ne puisse pas toujours, et pour cause, faire des incursions dans la haute cuisine." Assurément!

« La femme de nos rêves tend plutôt la main à ceux qui sont tombés et elle a souvent le bonheur de les aider à se relever." C'est facultatif?

"Gardez donc le silence lorsqu'on dit devant vous une chose que vous ne pouvez approuver, qui n'est pas selon
votre manière de voir." Putain, encore raté!
 
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Le 25/11/2012
Ah dommage!
Conseils culinaires
– Et pour la cuisson du saumon, on peut au four...?
– Ah non madame, faut pas rigoler avec le poisson!
– Même pas une tranche ?
– ON NE RIGOLE PAS avec le poisson.
 
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Le 18/11/2012
Révolution et bonnes manières
Les adeptes du chapisme
Sûr, on pourrait les qualifier de zazous, ces hurluberlus britanniques qui prônent la révolution par le tweed, fument la pipe, portent casquette et foulard au cou. Pour la diversité des goûts, on en croise aussi avec chapeaux melon et cravate rouge. Certains vont jusqu’à arborer un monocle et n’hésitent pas à se promener avec une canne à pommeau. So chic ! C’est qu’ils se piquent de bonnes manières, les « Chaps ». Langage correct et galanterie de rigueur figurent comme principe dans leur manifeste, véritable traité de vie extravagante. Un manifeste ? Bon dieu, God save the tweed, ces bougres seraient-ils des militants à leur manière, ronds de fumée et ronds de jambes? Il semble bien. Le slogan de ce mouvement apparu en 2000 ne fait d'ailleurs pas un pli : « un savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne ».

Ses partisans n’entendent se soumettre ni aux diktats du salariat ni aux injonctions d’hygiène de vie. Ils abhorrent la modernité, l’horreur économique du capitalisme et l’envahissement technologique qui nous coupe d’autrui. Aussi leur panoplie d’anarcho-dandy comporte-t-elle un ciseau à ongles afin de sectionner les fils des équipements stéréo dans les transports en commun. Les « Chaps » (traduction de « gars ») recommandent aux dames de porter un boa constrictor et à tous de fumer et de boire, cela immodérément. Petit-fils des Surréalistes, cousins des Situationnistes, héritiers des Monty Python et des Marx Brothers, ils se réclament d’Oscar Wilde, de Georges Orwell et de David Niven.

Outre ces signes ostensibles de ralliement, ils disposent d’un magazine trimestriel et organisent au mois de juillet des Olympiades qui attirent plusieurs milliers de Londoniens. Diverses sont les épreuves : concours du meilleur Martini-dry, lancer de sandwiches au concombre, joute de parapluies, concours de claques, pipe-athlon. Le monde est lourd, empesé par l’esprit de sérieux ? Les Chaps ripostent par les « actions sporadiques de courtoisie ordinaires ». Leur message est simple : prenons notre temps, lisons, voyageons et alcoolisons-nous. Comment ne pas y souscrire ?

Le manifeste chap de Gustave Temple et Victor Darkwood. Editions des équateurs, 136 p., 20 €. Thechap.net
 
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Le 27/02/2012
Le candidat providentiel
Il ne se recommande d'aucun parti. Il est anti-européen et anti-bureaucrate. Sur son affiche électorale, on peut lire : « Homme neuf, j'arrive avec des idées neuves. » « Loin d'être l'apanage de certains, l'Assiette au beurre doit être le privilège de tous. » « Vive la république libre et sans bureaux ! » Son programme tient en une dizaine de propositions. Il réclame la transformation en port de mer de la Place Pigalle,le nivellement de la Butte Montmartre, la suppression de la bureaucratie, celle de l'Ecole des Beaux-arts, l'abolition de l'impôt sur les bicyclettes, le transport des dépêches militaires par poissons voyageurs. Il a beaucoup voyagé. Ses titres impressionnent : vice-président du Syndicat des baleiniers de la Corrèze, animateur de la Société générale de publicité dans les W.C du Soudan... 
L'homme s'enorgueillit d'être l'inventeur de l'anti-filtre qui transforme instantanément l'onde la plus pure en eau crapoteuse. Le 20 août 1893, Captain Cap qui se présentait aux élections législatives dans la deuxième circonscription du IXe arrondissement de Paris n'obtint que 176 voix, soit 2,22% des suffrages. Dommage. La candidature de ce Captain Cap qui s'appelait en réalité Albert Caperon était soutenue par les habitués de l'auberge du Clou sise rue Trudaine. A savoir Alphonse Allais, Courteline, les poètes Raoul Ponchon et Emile Goudeau. Par où l'on voit que le Clou ne manquait pas de piquant. Captain Cap prononça des discours dans des préaux d'école. Ça et là, dans le quartier Saint-Georges, on l'acclama. On expérimenta ses recettes de cocktail. Une fois dans les urnes,on le bouda. La dureté de la vie politique... Alphonse Allais garda la mémoire de ce fantaisiste,mort prématurément. Il en raconta la truculente biographie en 1902.
 
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Le 15/01/2012
Histoire vraie
Clin d'oeil à Nabot-Léon
De séjour à Paris, une famille anglaise se trompe d'étage et sonne à la porte du chanteur d’opéra, Luigi Lablanche (1794-1856) en demandant à voir le célèbre nain Tom Pouce qu’a découvert Barnum. L’artiste de cirque qui mesure 1,01 mètre, habite au-dessus et se laisse d’ordinaire visiter, moyennant un prix d’entrée. Colossal, bedonnant, Lablanche  répond aux touristes de sa voix de basse:
- Le général Tom Pouce, c'est moi.
- Oh ! No, no ! s’écrient les Anglais. On nous a dit que le général Tom Pouce n’est pas plus haut que le genou et que sa voix ressemble à celle d'une cigale.
- Oh ! Si, si, poursuit Lablanche. C’est juste qu’en ville, je parais plus petit, mais, chez moi, vous comprenez, je me déploie, je ne me gêne plus, je me mets à mon aise.
Sur ces mots, Lablanche s’éloigne et les touristes, mystifiés, restent pantois. « Oh ! My God ! »
 
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Le 24/10/2011
Pierre Kroll
Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (2)
Acide et impertinent, Pierre Kroll. Son premier album paru voilà quinze ans portait en exergue une phrase de William Boyd : « Se venger du monde est un travail à temps plein. Il ne faut pas mollir. » Dont acte pour ce stakhanoviste qui exerce sa veine caustique à la radio, à la télévision et dans la presse. A la réputation d’audace des Belges qu’ « on ne voit jamais venir », le dessinateur attitré du quotidien Le Soir et du magazine Télémoustique ajoute la satire à la française. Né au Congo, Pierre Kroll a grandi dans la banlieue industrielle de Liège à Seraing, bassin sidérurgique qui est le fief des frères Dardenne. A l’adolescence, il délaisse Spirou pour Pilote et prend des leçons de trait et d’irrévérence  chez « Reiser, Wolinski, Cabu, mâtiné de Schtroumpfs… » A 51 ans, il est le seul dessinateur, par sa notoriété, à se payer la tête du roi des Belges. Soit 25 ans de lèse-majesté, 25 ans de caricatures en peignoir et en pantoufles l’hiver, en short et tongs l’été. Leur première rencontre a eu lieu début février 2010 et s’est bornée à un bref échange. « On a toujours l’impression de vous déranger » a avancé Pierre Kroll, fait chevalier de l’Ordre de la couronne en 2005. Et le monarque de répliquer : « Vous avez bien raison ».

> http://www.kroll.be/
 
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Le 10/10/2011
Ne faites-pas l'amour le lundi
Ne faites-pas l’amour le lundi. Sinon rien d’autre à faire les autres jours de la semaine. Ne faites pas l’amour le mercredi. C’est le jour des enfants. Ne faites pas l’amour le jeudi. Le CAC 40 est toujours au plus haut. Ne faites pas l’amour le vendredi. Le thermostat est en panne. Ne faites pas l’amour le samedi. C’est France-Angleterre. Ne faits pas l’amour le dimanche. Madame Soleil l’a déconseillé. Et le petit Prince a dit. Ne faites pas l’amour les jours fériés. Sarkozy a dit : au boulot ! Ne faites pas l’amour les 29 février. Risque de trou noir selon la météo. Ne faites pas l’amour les jours de fête. (-Pourquoi ? Ben, oui, pourquoi ? – C’est l’enterrement d’Yvette. Vous savez, Yvette, la… – On s’en fout d’Yvette. – Vrai, qu’on s’en tamponne. Des Bretonnes, du CAC 40, de Sarko , des mômes, du foot, de Madame Soleil et de madame Yvette. Poil à la qué… Non, ça c’est interdit tous les jours de la semaine. Même le… ? Oui, même.)  
 
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Le 05/10/2011
Rentrée scolaire
Carte postale du Portugal
 
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Le 03/09/2011
Rire sous la terreur
Aussi surprenant que cela paraisse, la terreur nazie n’a pas tué le goût des blagues. Au début des années 1930, celles qui circulaient à Berlin tournaient en dérision l’hypocrisie du nouveau régime et son clientélisme. Exemples : « Dieu, faites que je sois aveugle afin que je puisse dire que Goebbels est aryen. » ; « Qu’est-ce qu’un réactionnaire ? Quelqu’un qui occupe un emploi bien rémunéré convoité par les nazis. » On se gaussait d’Hitler dont le salut le faisait ressembler à un serveur portant un plateau, de Goering réputé pour garder ses médailles en prenant son bain, ou du pied bot de Goebbels. Pareilles plaisanteries étaient contées sous le manteau. Si leurs auteurs étaient surpris par un zélote du IIIe Reich, ils en étaient quittes pour un sérieux coup de semonce. Quelques-uns ont cependant été guillotinés, tel Joseph Müller, curé d’une paroisse au Nord de l’Allemagne. Sa faute ? Avoir raconté à un vieil homme malade cette plaisanterie : « Un soldat se meurt. On lui demande quel est son dernier souhait. Il répond : ‘’voir ceux pour qui je meurs.’’ On lui apporte donc une photo d’Hitler, une de Goering qu’on dispose de part et d’autre de son lit. ‘’Ainsi je meurs comme Jésus : entre deux criminels.’’ » Dessinatrice dans une usine d’armement de Berlin, Marianne Elise K. fut condamnée à mort le 26 juin 1943 pour avoir également attenté à l’honneur du Führer. Telles sont quelques-unes des histoires rapportées par Rudolph Herzog dans une étude documentée, consacrée à l’humour sous l’Allemagne nazie. Avis aux éditeurs français. Paru d’abord en Allemagne puis en juin en Angleterre, le court essai de ce documentariste, fils du cinéaste Werner Herzog, n’est toujours pas annoncé en France.
 
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Le 20/08/2011
Marche à l'ombre
Il y a différentes méthodes pour ausculter la célébrité chronique d’un écrivain : un éditorial dans un grand hebdomadaire saluant chaque nouvelle parution, le score des ventes en poche de ses romans, leurs traductions à l’étranger, la faveur des jurés littéraires en automne, l’engouement des plagistes en été, une notice dans les dictionnaires, la curiosité des thésards… et l’inscription de son nom sur une plaque en émail accrochée au coin d’une rue. La voirie parisienne qui trace, indifférente, son bonhomme de chemin, ne suit pas toujours cette logique. La postérité n’est pas fille de la Poste. Sade ? Aux oubliettes de la toponymie. Sartre ? Inconnu au cadastre. Kafka, Shakespeare ? A la trappe. Georges Bataille et Alfred Jarry errent aussi dans le no man’s land des âmes perdues. Lot de consolation, leurs homonymes sont honorés : Henry Bataille (1872-1922), dramaturge nîmois, et Jarry, le calligraphe de Louis XIV. Le palmarès de Voltaire qui appelait à cultiver notre jardin est en béton : un boulevard parmi les plus longs de la capitale, une cité, une rue, une impasse, un quai, une station de métro. De quoi rendre asthmatique ses lecteurs piétonniers. Stendhal, qui dispose d’un passage, d’une villa, d’une rue est le seul à se voir décerner une plaque pour l’un de ses personnages, en l’occurrence Lucien Leuwen. La circulation parmi nos grandes plumes n’est pas exempte d’embouteillages et de fulgurants raccourcis. Siècles et mouvements esthétiques se carambolent allègrement. La rue Cazotte prend sa source rue Charles-Nodier et se jette rue Ronsard. La rue Albert-Camus s’accoude à la place Robert-Desnos. Lord-Byron fait la liaison entre Chateaubriand et Arsène-Houssaye. L’avenue Molière meurt impasse Racine tandis que Gérard-de-Nerval débouche sur le boulevard périphérique. Les surréalistes auraient gouté ce jeu des cimaises, cousin du cadavre exquis.
 
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Macha Séry
Oiseau de nuit féru d'humour noir dans un quotidien du soir. Critique de films et de spectacles ayant breveté un applaudimètre formé de deux rames en bois échouées sur une plage de Vendée. Romancière à tête perdue. A fait de la boxe et des claquettes. S'appelle Macha parce qu'elle n'est pas russe.
 
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